LIVRE XX. — LA TERRE
nomètres. On cite encore Rendal , Mudge, Emery , parmi les horlogers de la Grande-Bretagne, qui ont rendu célèbres les horloges marines anglaises. Nous sommes heureux de dire que la France, grâce aux efforts de Le Roy, de Ferdinand et de Louis Berthoud, de MM. Bréguet père et fils, de M. Winnerl, s'est placée au premier rang pour l'horlogerie de précision. Le Roy remporta le prix de l'Académie des sciences, en 1769. Par le bill relatif à la détermination des longitudes en mer, le parlement d'Angleterre promettait une récompense de 250,000 francs à l'artiste qui exécuterait des chronomètres assez parfaits pour donner la longitude , au bout de six mois, sans une erreur de deux minutes de temps. J'ai eu l'occasion de prouver que les chronomètres de M. Bréguet ne donnent pas au bout de six mois une erreur d'une seule minute. En employant à la fois plusieurs excellents chronomètres, on peut d'ailleurs obtenir une longitude moyenne , extrêmement approchée de la véritable longitude. En 1826, une opération de ce genre fut faite par ordre de l'amirauté anglaise : 35 chronomètres traversèrent six fois la mer du Nord pour déterminer les longitudes d'Altona , de Brémen et de l'île d'Helgoland par rapport au méridien de l'observatoire de Greenwich. En 1843, la différence des longitudes de l'observatoire russe de Pulkova, près de Saint-Pétersbourg, et de l'observatoire de Greenwich, fut obtenue à l'aide du transport de 68 chronomètres qui marchèrent avec un accord remarquable.
La méthode et la détermination des longitudes par l'observation simultanée d'un même signal, peut être
appliquée de diverses manières. On peut prendre pour signal un phénomène céleste, une éclipse, une occultation d'étoile , etc. ; on conçoit qu'un pareil phénomène présente l'avantage de pouvoir être observé en même temps de lieux extrêmement éloignés les uns des autres sur la surface de la Terre. Nous reviendrons, en parlant des éclipses, sur cette méthode de détermination des longitudes.
Les signaux de feu employés par Gassini n'offrent pas la facilité d'être observés de distances extrêmement grandes , mais au moins ils n'ont pas l'inconvénient d'obliger les astronomes à attendre un phénomène céleste que voileront peut-être les intempéries atmosphériques. Des fusées composées de quelques hectogrammes de poudre et lancées pendant la nuit, donnent une lumière assez vive pour être vue dans un rayon de 100 kilomètres, et parconséquent de deux stations éloignées d'environ 200 kilomètres. Si aucun obstacle ne se trouve entre ces deux stations , on comprend que la simple comparaison des observations du signal faites par deux astronomes munis d'horloges bien réglées sur l'heure sidérale de chaque lieu, donne immédiatement la différence des longitudes des deux stations. Lorsque les stations M et N (fig. 274) , sont tellement situées qu'un seul signal ne pourrait être vu à la fois de ces deux points, on établit des stations auxiliaires , par exemple , en B et en D , et entre toutes les stations, en A, en G, en E, on fait successivement des signaux de feu à des heures convenues d'avance. La comparaison des résultats partiels donne, sans aucune peine, la différence des longitudes cher-