LIVRE XX. — LA TERRE
chées; c'est ainsi qu'on a opéré jadis entre Paris et Londres , entre Bordeaux et Genève , etc.
Mais une invention moderne de la plus grande importance ôte tout intérêt à l'emploi des signaux de feu ; je veux parler de la télégraphie électrique, qui envoie les signaux avec une telle vitesse, que, par rapport aux distances terrestres, on peut admettre une transmission instantanée.
L'idée de faire concourir les télégraphes électriques à la détermination des longitudes était si naturelle, qu'elle
Fi g. 274. — Détermination des longitudes par les signaux de feu.
est née presque aussitôt après l'installation des premiers télégraphes de cette espèce, et qu'on ne saurait dire où elle prit naissance. Le Bureau des longitudes s'en occupa dès l'origine avec persévérance, et il avisa aux moyens d'établir une communication électrique directe entre l'Observatoire de Paris et celui de Greenwich, dès qu'il fut question du câble sous-marin entre Douvres et Calais. Dans ce but un fil conducteur relie l'une des salles de l'Observatoire et l'administration télégraphique centrale, située au ministère de l'intérieur, rue de Grenelle. De son côté, le savant directeur de l'Observatoire de Greenwich, M. Airy, établit une communication directe entre cet Observatoire et l'une des lignes électriques aboutissant
à Douvres et au câble sous-marin, de manière qu'il y aura liaison de Greenwich avec Dunkerque, un des points de la grande méridienne de France. De plus, on va pouvoir transmettre par le télégraphe électrique, l'heure de Paris aux divers ports importants , tels que le Havre , Nantes, Marseille, Toulon, etc.; les navigateurs puiseront dans ces indications journalières des moyens trèsexacts de régler la marche de leurs chronomètres.