LIVRE XX. — LA TERRE
Les trépieds portaient à leur tour sur des socles de bois VV, VV, dont la surface inférieure était armée de trois pointes de fer qui, enfoncées en terre, les empêchaient de glisser et maintenaient tout l'appareil dans une position invariable, à moins que le vent ne fût excessif, mais dans ce cas on interrompait la mesure. Pour aligner les règles, on avait implanté dans le toit, vers les deux extrémités, des pointes verticales de fer pp, dont l'axe, prolongé dans sa partie inférieure, aurait coupé en deux parties égales la largeur de la règle. »
Vers l'extrémité antérieure sont les microscopes mm, du thermomètre métallique et du vernier de la languette.
La figure 288, qui donne une vue supérieure de chaque règle, montre en bbb les brides destinées à la maintenir dans le sens vertical sans la serrer et sans nuire à la dilatation, et en PPPP, quatre doubles équerres traversées de deux vis horizontales destinées à ajuster la règle et à la maintenir bien droite dans le sens latéral.
Chacune des règles employées a été comparée à la toise dont Bouguer s'est servi pour la mesure du degré sous l'équateur, et qui est devenue l'étalon authentique auquel on a rapporté toutes les mesures linéaires , point sur lequel nous reviendrons lorsque nous nous occuperons du système métrique dans le livre xxm , consacré à l'étude des phénomènes relatifs à l'attraction universelle et aux véritables dimensions du monde planétaire.
Quelle que soit l'exactitude avec laquelle chaque mesure était prise, il est bien évident qu'elle n'eût servi à rien si elle n'avait pas été dans une direction qu'on pût rapporter facilement à celle de l'arc terrestre supposé con-
fondu avec la base, c'est-à-dire si on n'avait pas su son inclinaison par rapport à l'horizon. Quant à placer chaque règle d'une manière parfaitement horizontale, il n'y avait pas à y songer sur une longueur aussi grande que deux toises. Tl fallait donc chercher, à l'aide d'un niveau, quel angle la règle faisait avec l'horizon dans chaque position, afin de réduire la longueur mesurée à la longueur véritable, selon les principes élémentaires de la trigonométrie. On voit dans la figure 288, en SS les supports sur lesquels on plaçait le niveau représenté par la figure 289.
Fig. 280. — Niveau employé pour la mesure «les bases de Melim el de Perpignan.
Ce niveau N est monté sur une alidade mobile autour d'une charnière placée vers le sommet d'une équerre en bois ABD. L'extrémité inférieure cle l'alidade glisse dans une rainure en l'un des points de laquelle on la fixe à l'aide d'une vis de pression a, lorsque le niveau indique une position à peu près horizontale ; on achève d'amener l'alidade à sa véritable position au moyen du levier Iv. Un vernier indique l'inclinaison par la coïncidence de ses divisions avec celles d'une règle fixe V, qui porte un arc de 10° divisé en 120 parties valant chacune 5'. Le point 60 correspond à la position horizontale du pied de l'équerre.