LIVRE XXL — LA LUNE
ques avec tant de zèle et de constance, réduisit les limites dont nous venons de parler à un 26mp. Les plus grandes hauteurs de montagnes, suivant l'astronome de Danzig, étaient un tant soit peu supérieures à 5,200 mètres.
Riccioli n'admit pas la réduction faite par Hévélius. Loin de là, il augmenta les déterminations de Galilée. Ses observations calculées par Keill , donnaient à la montagne de Sainte-Catherine une hauteur de plus de 14,000 mètres. La question en était à ce point lorsque Herschel l'aborda en 1780.
Après avoir substitué une méthode exacte de calcul à i:elle dont Hévélius faisait usage et qui n'était rigoureuse que deux fois par mois seulement (les jours de la première et de la seconde quadrature) , Herschel se livra à la mesure des montagnes lunaires, à l'aide d'un télescope de lm.80 de foyer. Galilée, Riccioli, etc., s'étaient énormément trompés, pour avoir accordé trop de confiance à de simples évaluations; Herschel s'attacha à bannir toute estime de ses déterminations : les distances d'où les hauteurs devaient être conclues, furent toutes mesurées au micromètre. Voici un exposé succinct de la méthode d'Hévélius, perfectionnée par Herschel.
Si le corps de la Lune était exempt d'aspérités, s'il pouvait être assimilé à utie sphère parfaitement lisse , la ligne de séparation d'ombre et de lumière, vue de la Terre, serait toujours mathématiquement, soit une ellipse, soit une ligne droite. Mais il n'en est pas ainsi. On voit, en effet , des points lumineux détachés de la ligne de lumière continue, à laquelle, sans conteste, on doit donner la qualification de ligne de séparation d'ombre et de
lumière, ou ligne terminatrice de la phase. L'origine de ces points lumineux est très-facile à trouver. Des rayons lumineux , provenant du Soleil , et situés légèrement audessus de ceux qui ont déterminé les limites de la phase, des rayons qui auraient été se perdre dans l'espace, sont arrêtés dans leur course par quelques sommets de montagne, situés sur leur trajet, au-dessus du niveau de la région où la phase s'était terminée. Ces sommets , s'il m'est permis de m'exprimer ainsi , se trouvent éclairés à cause de leur élévation avant que leur tour soit venu, puisque la région comprise entre le pied de ces montagnes et l'un des bords de la phase restent dans l'obscurité.
En mesurant l'intervalle obscur compris entre ce? points lumineux et la partie lumineuse de la phase la plus voisine, on parvient à déterminer leur hauteur. On se sert aussi pour arriver au même résultat de la longueur de l'ombre portée, et dans le cas où il s'agit de déterminer la profondeur d'une cavité , c'est cette dernière méthode de la longueur des ombres à laquelle on peut avoir recours. C'est la méthode dont se sont servis MM. Béer et Msedler pour la construction de leur belle carte dont nous parlerons plus loin.
Le jour du premier ou du dernier quartier, faisons passer un plan par le centre de la Lune et le rayon solaire qui a éclairé une de ces sommités isolées, plus ou moins distantes de la ligne droite lumineuse qui termine la phase. Soit ADEF (fig. 295) la section faite dans le globe lunaire par ce plan. Le rayon solaire qui détermine la limite extrême de la portion éclairée sera tangent en