‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 234 sur 362 · LIVRE XXI. — LA LUNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — LA LUNE

me permette auparavant de remarquer combien le résultat hasardé d'Herschel est en désaccord avec la tendance à l'extraordinaire, au gigantesque, dont on a prétendu, bien légèrement, faire le trait caractéristique de cet illustre astronome.

Dans la table hypsométrique que MM. Béer et Msedler ont donnée, sur 1,095 hauteurs mesurées, de montagnes de la Lune, il y en a six au-dessus de 5,800 mètres, et vingt-deux au-dessus de à, 800 mètres ( 4,813 est, comme nous l'avons vu (liv. xx, chap. xv, p. 214), la hauteur du mont Blanc au-dessus de la mer). Voici les élévations de quelques-unes des principales montagnes lunaires :

Dœrfel 7,603 mètres.

Newton 7,264 —

Casatus 6,956 —

Curtius 6,769 —

Calippus 6,216 —

Tycho 6,151 —

Huygens 5,550 —

Newton, Casatus, Calippus, Tycho, sont des cratères annulaires. Les nombres que je viens de citer expriment les hauteurs de certains points de l'enceinte, au-dessus du niveau de la cavité intérieure. Rien ne dit que le niveau de ces cavités n'est pas fort au-dessous du niveau général de la Lune. Les hauteurs extraordinaires, placées en regard de ces noms , ne pourraient donc être comparées à celles de la Terre que sous des restrictions commandées par l'observation que je viens de faire. Je me hâte donc de remarquer que le pic de la chaîne des monts Dœrfel est situé près du pôle sud de notre satellite, et que sa hauteur a été rapportée aux plaines voisines; que

Leibnitz, appartenant à une chaîne voisine, est aussi un pic, et que sa hauteur, prise également sur les plaines, surpasse probablement celle de Dœrfel, mais d'une quantité qu'on n'a pas pu déterminer exactement, à cause de la position défavorable de cette montagne, très-près du bord de la Lune; enfin, j'ajoute que Huygens est un troisième pic qui appartient aux Apennins lunaires. Tout ce qu'on avait dit anciennement des hauteurs des montagnes de la Lune se trouve ainsi confirmé.

Le travail important de MM. Béer et Msedler a mis de nouveau, dans tout son jour, le mérite éminent du célèbre astronome de Danzig. Il est remarquable que, grâce au zèle et à l'exactitude d'Hévélius, on ait connu la hauteur des montagnes de la Lune beaucoup plus tôt que la hauteur des montagnes de la Terre.

Dès qu'on jette un coup d'œil sur la surface de la Lune, on est frappé de la forme circulaire de ses vallées, à tel point qu'il n'est personne qui ne les appelle incontinent des cratères.

Les caractères de nos terrains volcaniques sont fortement empreints dans toutes les régions de la Lune. On n'a qu'à comparer les cartes de cet astre, avec celles de certaines parties de la Terre : avec la carte du Vésuve , avec les cartes de champs phlégréens de l'Auvergne, etc. , et la ressemblance paraîtra frappante à tout le monde. Les pitons isolés qu'on aperçoit au centre des grands cratères de la Lune, comme, par exemple, au centre de Tycho, se retrouvent aussi sur notre globe.

Kepler, frappé du nombre et de la régularité des vallées circulaires, dont tout l'hémisphère de la Lune est

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