‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 272 sur 362 · LIVRE XXI. — LA LUNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — LA LUNE

Inclinaison

des sections principales

des deux prismes.

Image principale.

Image secondaire.

Cela étant admis , veut-on comparer l'intensité de la portion cendrée de la Lune à celle de la partie directement éclairée par le Soleil qui est d'un éclat constant ou à peu près constant? On ajuste les prismes intérieurs et extérieurs, de manière qu'une seule image soit visible ; on fait tourner ensuite le prisme de Nicol , par exemple, jusqu'à ce que, dans ce que j'ai appelé l'image secondaire , la portion correspondante à la partie de la Lune directement éclairée par le Soleil ait une intensité égale à la portion cendrée de la première image.

La table précédente donnera les rapports des intensités de ces deux portions de notre satellite, avant le partage de la lumière en deux images. Si on craignait de ne pas avoir déterminé, avec une exactitude suffisante, le point où les deux sections principales coïncident, le point où l'image secondaire disparaît totalement , le point à partir duquel les angles de rotation du prisme de Nicol doivent être, comptés, on ferait l'expérience que je viens de rapporter, en faisant tourner ce prisme dans deux sens contraires, et ce serait avec la moitié de l'angle ainsi parcouru qu'il faudrait chercher dans la table le rapport des intensités désirées.

Je sais trop la différence qu'il y a entre un projet

d'expérience et une expérience effectuée, pour que j'eusse voulu présenter le petit appareil dont je viens de parler, comme un moyen assuré d'arriver à la comparaison de la lumière cendrée de la Lune à la lumière presque toujours constante ou variable, suivant des principes connus, de la portion de cet astre qui reçoit les rayons directs du Soleil. Des essais, mais en trop petit nombre, pour que j'en puisse tirer des conclusions générales, m'ont parfaitement réussi. Pour ne citer que celles de ces expériences faites plus récemment et dans lesquelles M. Laugier a bien voulu me prêter son concours, je dirai que le 16 mai 1850 l'intensité de la lumière cendrée était la quatre-millième partie de l'intensité de la partie éclairée du disque, et que le 2 juin suivant, la lumière cendrée était en intensité au-dessous de la sept-millième partie de la partie éclairée de la Lune.

N'est-on pas étonné d'entendre parler d'une expérience photométrique dans laquelle les deux lumières comparées directement sont dans le rapport de 1 à 7,000?

Galilée avait déjà cru remarquer que la lumière cendrée était plus vive pendant le décours de la Lune que durant la Lune croissante; mais cette appréciation était fondée sur un aperçu vague et non sur une mesure quelconque.

Le grand philosophe expliquait cette différence d'intensité, par la considération que la face terrestre visible de la Lune renfermait pendant le décours, l'Europe, l'Afrique et l'Asie, tandis, au contraire, que pendant la Lune croissante, l'hémisphère terrestre, cause de la lumière cendrée, se composait en grande partie de la

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