LIVRE XXI. — LA LUNE
portion liquide de notre globe, savoir : de l'océan Atlantique et de la mer Pacifique. (Voyez le troisième Dialogue.)
Les observations de Galilée sur le plus grand éclat de la lumière cendrée, pendant le décours de la Lune , ont été confirmées par Hévélius et d'autres astronomes plus modernes. Il est vrai que l'observateur de Danzig avait cru remarquer que la phase lunaire pendant le décours de l'astre est moins brillante que la phase croissante , ce qui semblerait indiquer, en supposant l'observation incontestable, que la partie occidentale du disque lunaire est en masse plus apte à réfléchir la lumière solaire que la partie orientale. Ceci servirait à expliquer, sans faire intervenir les propriétés réflexibies des mers et des continents, comment cette partie occidentale, quand elle ne nous envoie que la lueur cendrée , serait plus vive que la portion orientale.
La portion orientale de la Lune renferme-t-elle une plus grande étendue de ces espaces, appelés des mers, dans les cartes de Riccioli , que la moitié occidentale ? C'est ce qu'il faudra vérifier.
Je ne dois pas oublier de consigner ici une observation de Lambert, qui, interprétée comme le fait ce savant physicien, paraîtra certainement très-curieuse.
«Le 14 février 177i, je vis, dit l'illustre académicien de Berlin , que cette lumière , bien loin d'être cendrée , était couleur d'olive...
«La Lune était alors de 55 degrés plus avancée en ascension droite que le Soleil , avec une déclinaison boréale de 7° et demi. Elle était verticalement au-dessus de la mer Atlantique, tandis que le Soleil dardait ses rayons A. — m. 31
à plomb sur les habitants de la partie australe du Pérou. Le Soleil répandait donc sa plus grande clarté sur l'Amérique méridionale, et si les nuées ne l'interceptaient nulle part, ce grand continent devait réfléchir vers la Lune une quantité assez abondante de rayons verdàtres, pour en donner la teinte à la partie de la Lune que le Soleil n'éclairait pas directement. Telle est la raison que je crois pouvoir alléguer de ce que je vis couleur d'olive la lumière de la Lune qu'on appelle communément cendrée.... Ainsi, la Terre, vue des planètes, pourra paraître d'une lumière verdâtre. » (Académie de Berlin, de 1773. )
L'auteur explique que les apparences variaient sensiblement, suivant la force des lunettes dont il se servait dans l'observation. Celle qu'il employait avait un objectif de 0m.189 de long et un oculaire de 0m.027, elle grossissait donc sept fois.
J'avais eu l'occasion, avant de connaître la note de Lambert , de faire des observations analogues à celles que je viens de rapporter; mais j'avoue que je ne les ai pas assez diversifiées pour que je puisse dire avec certitude que l'explication qu'il en donne n'est pas fondée. Voici ce que je trouve dans mon carnet d'observations, à la date de 1811.
Mercredi , 20 novembre, à 7h ei demie du soir, temps vrai. «En me servant d'une lunette de nuit, non achromatique, je voyais la lumière cendrée, fort brillante, mais d'une couleur vert-pâle, extrêmement prononcée.
« En enfonçant ou en retirant l'oculaire on faisait successivement, comme cela devait être, passer le bord