‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 300 sur 362 · LIVRE XXI. — LA LUNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — LA LUNE

la Lune ait paru douée d'une si puissante influence? que le nombre de changements de temps ait toujours surpassé le nombre des non-changements ?

Pour rendre évident le vice de ce mode de discussion , admettons un moment que la Lune soit sans influence sur la pluie, et qu'on cherche, dans un long recueil d'observations météorologiques, quel a été le nombre de jours de nouvelle Lune sans pluie et le nombre de ces mêmes jours avec pluie. Supposons que ces deux nombres soient égaux ; si au lieu de faire porter le recensement sur les jours précis de la nouvelle Lune , on avait pris les veilles ou les avant-veilles de cette phase, les lendemains ou les surlendemains, tout le monde comprendra qu'on serait arrivé aux mêmes résultats ; que le rapport du nombre de jours pluvieux au nombre de jours sans pluie, aurait été encore celui de 1 à 1.

Maintenant, à la division ordinaire de l'année en 3G5 parties de 24 heures chacune, substituons une division qui procéderait par périodes plus longues, par périodes de trois fois vingt- quatre heures ou de trois jours, et demandons-nous quel serait alors pour les temps de nouvelle Lune, le rapport du nombre de périodes pluvieuses au nombre de périodes sans pluie ; évidemment ce rapport ne serait plus celui de 1 à 1. On trouverait pour le premier terme un nombre plus grand que 1, car en trois fois 24 heures les chances de pluie sont beaucoup plus nombreuses qu'en un seul jour.

Des périodes de quatre fois, de cinq fois vingt-quatre heures conduiraient , pour le rapport précité, à de plus forts résultats encore, et toujours par la raison toute

simple que, terme moyen , il doit pleuvoir bien plus souvent en quatre et en cinq fois vingt-quatre heures qu'en un seul jour.

Eh bien, je viens d'expliquer ce que Toaldo a fait pour les jours de la lunaison qui ne correspondent pas aux phases caractéristiques : il cherchait combien de fois le temps avait changé et combien de fois il n'avait pas changé sans sortir du cadre des vingt-quatre heures. Dès qu'il s'agissait, au contraire, d'une syzygie ou d'une quadrature, sous prétexte que la cause physique de changement dépendante de notre satellite ne pouvait ni se manifester ni cesser subitement, il groupait les observations par périodes de plusieurs jours. Loin de s'étonner qu'en opérant ainsi il n'ait pas trouvé une égalité parfaite entre le nombre des changements de temps et le nombre de non-changements, on doit admettre que c'est le contraire qui eût été inexplicable.

D'après la table de la page 521 , le premier et le second quartier n'exercent pas, à beaucoup près, autant d'influence que la nouvelle et que la pleine Lune. Si cette influence n'est qu'apparente, si elle ne tient qu'au mode défectueux de discussion qu'on a suivi, tout semblerait devoir être égal dans les diverses positions de la Lune. Cette difficulté serait vraiment embarrassante, si je n'apprenais par une Note insérée en 1780 dans le Journal de physique, que Toaldo portait l'influence d'une phase jusqu'à trois jours avant et à trois jours après, lorsqu'il était question du passage de la Lune par les syzygies ou par les apsides; tandis qu'il la restreignait, au plus, à un jour avant et à un jour après,

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