LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
sur le bord occidental la protubérance rougeâtre et recourbée dont nous avons fait si souvent mention, et de plus, le petit ballon séparé du bord de la Lune. La distance du ballon à ce bord et la hauteur de la tache recourbée allèrent successivement en augmentant depuis le commencement jusqu'à la fin de l'éclipsé totale.
Les protubérances voisines du point d'immersion, suivant M. Otto Struve , qui observait à Lomsa , étaient blanches; une série de petites protubérances les reliait; le tout embrassant sur le contour de la Lune une étendue de 18°. Pendant la durée de une minute que M. Otto Struve consacra à l'observation du phénomène, les petites protubérances rougeâtres disparurent et les taches blanches qui terminaient le tout avaient sensiblement diminué de hauteur.
M. Otto Struve, vit la tache recourbée avec la forme signalée partout ailleurs; quand il l'observa pour la première fois, la distance de la portion recourbée au bord de la Lune était de 79". Au bout de 53s elle parut être de IIS", en sorte qu'elle avait varié de 36". Pendant ce temps les protubérances opposées avaient ou totalement disparu ou se trouvaient réduites aux plus petits rudiments.
La tache courbe et le globe isolé qui se trouvait dans la direction du crochet restèrent encore visible, 7S. 5 après l'émersion du Soleil.
Dans les observations faites à KœnigsbergparM. Wichman, on trouve, circonstance singulière, que les protubérances orientales étaient rougeâtres, tandis que M. Otto Struve ne leur assigne aucune couleur. M. Wich-
man s'est servi de l'héliomètre pour déterminer la distance du crochet de la tache occidentale au bord de la Lune et il Ta trouvée de 86".
Un fait très-digne de remarque, c'est que M. Vichman n'aperçut pas la tache ronde et entièrement séparée du bord de la Lune qui partout ailleurs, à Danzig par exemple , fut observée dans la direction du crochet , par MM. Mauvais, Goujon, etc.
M. Schweizer, professeur russe, croit pouvoir affirmer, d'après ses observations faites à Machnowka dans le gouvernement de Kiew, que les protubérances ne sont autre chose que les facules transportées par le mouvement de rotation du Soleil , au delà des limites du disque apparent. Il trouve, par exemple, une ressemblance de forme complète entre la protubérance recourbée, dessinée à Danzig par MM. Mauvais et Goujon, et une facule qui, le 27, jour de l'éclipsé, était située près du bord occidental du Soleil.
M. Swan trouve que la protubérance courbe occupait sur le contour du Soleil la position où immédiatement avant l'éclipsé il aperçut un groupe de taches à 1' 1/2 du limbe.
Les protubérances rougeâtres ont été observées en un grand nombre de lieux en 1842, à Perpignan, Montpellier, Narbonne, Toulon, Digne, près de Turin, à Milan, Padoue, Venise, Vienne, Lipesk, etc. On trouvera les résumés des descriptions que m'ont envoyées un grand nombre d'astronomes dans une Notice spéciale sur les éclipses. Je me contenterai ici de rapporter l'observation que j'ai faite à Perpignan. Je vis deux protubérances (fig. 303, p. 608)