‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 358 sur 362 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

qui semblaient s'élancer de la partie septentrionale; elles. n'avaient ni Tune ni l'autre une direction normale à la périphérie de la Lune ; on aurait dit des montagnes qui devaient inévitablement s'ébouler. Elles étaient l'une, la plus grande vers l'occident, l'autre, la plus petite vers l'orient.

Ce n'est qu'à partir de 1842 que ces phénomènes attirèrent vivement l'attention. Cependant en 1706, on avait signalé une bande couleur de sang sur le bord gauche du disque lunaire. En 1733, en 1737, en 1748, en 1806, en 1820 et en 1836 des phénomènes analogues avaient été observés, notamment par Short, Ferrer, Van Swinden et Bessel.

Yoyons maintenant quelles conséquences on peut déduire de l'ensemble de ces observations et quel appui elles peuvent donner aux théories qu'on a imaginées pour rendre compte de ces singulières protubérances généralement colorées.

Un fait qu'on peut regarder comme parfaitement établi, c'est que les protubérances visibles vers le bord occidental ont augmenté de dimension depuis le commencement de l'éclipsé totale jusqu'à la fin, tandis que le phénomène inverse a été observé du côté opposé tout comme si la Lune par son mouvement dirigé de l'occident à l'orient couvrait de plus en plus des objets matériels situés à l'est de son disque et laissait graduellement à découvert des positions de plus en plus considérables des parties matérielles situées à l'ouest.

Une circonstance non moins remarquable déjà signalée par un observateur, M. Margette , à Perpignan , durant

l'éclipsé de 1842. C'est que les protubérances situées à l'ouest restèrent visibles pendant quelques secondes après la réapparition du Soleil. Ces deux faits et particulièrement l'observation de la variation des grandeurs en sens contraire des taches orientales et occidentales réduisent à néant la théorie qui attribuait le phénomène à une sorte de mirage. A quoi il faut ajouter que dans cette supposition d'un mirage , la protubérance courbe par exemple dont la saillie totale surpassait certainement 2' et le globe isolé placé sur le prolongement d'un des côtés de l'angle, auraient du se montrer, par l'effet de la dispersion de l'atmosphère, sous la forme d'un spectre prismatique, rouge à l'un des bouts, violet à l'autre, vert dans l'intermédiaire, et de h" de diamètre.

Saisis à l'improviste en 1842 par un phénomène inattendu, les astronomes ne purent décider avec certitude si les protubérances lumineuses étaient apparues sur les mêmes points du disque solaire et si partout où on les aperçut, elles avaient exactement la même forme. Les observations, faites en 1851, paraissent lever tous les doutes à cet égard. En faisant passer un plan horaire par l'axe du monde et par le centre du Soleil, ce plan coupait le disque de l'astre suivant une ligne qui aboutissait au limbe supérieur dans un point que M. Swan appelle le point nord. Ce point, en chaque lieu , abstraction faite du mouvement propre du Soleil, était le plus élevé au moment du passage du centre de l'astre par les divers méridiens.

En rapportant les observations faites des positions des protubérances dans différentes stations, à son point nord,

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