‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 42 sur 362 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

eaux , semblables aux vases de nos rivières ou aux sables des rivages de la mer. Ces sables plus ou moins menus, agglutinés par des sucs calcaires ou siliceux , forment les roches arénacées appelées grès.

Certains terrains calcaires sont aussi rangés parmi ceux qu'on appelle de sédiment, lors même, ce qui est trèsrare , qu'ils ne laissent pas de résidu sédimenteux après leur dissolution dans l'acide nitrique, les débris de coquilles qu'ils renferment montrant d'une autre manière, et peut-être mieux encore, que leur formation a eu lieu aussi au sein des eaux.

Les terrains de sédiment sont toujours composés de couches successives bien visibles. On peut partager les plus récents en quatre grandes divisions, qui seront, dans l'ordre de leur ancienneté :

Le calcaire oolithique, ou calcaire du Jura;

Le système du grès vert et de la craie ;

Les terrains tertiaires ;

Enfin, les premiers dépôts d'atterrissement ou de transport.

Quant au but que je me propose, une définition exacte de ces terrains est inutile. J'aurais même pu ne pas les nommer et me contenter de les désigner par les nos 1,2, 3, 4. Le n° 1 aurait été, par exemple, le terrain de sédiment le plus ancien des quatre, celui que les autres recouvrent, en un mot le calcaire du Jura; dès lors le n° 4 se serait trouvé affecté au terrain supérieur, c'est-à-dire aux dépôts d'atterrissement. Je donnerai cependant ici quelques notions très -abrégées sur la nature et l'aspect de ces divers genres de dépôts.

M. de Humboldt a appelé calcaire du Jura , ce vaste sédiment dont le Jura se compose en très- grande partie et qui est formé par un calcaire blanchâtre, tantôt compacte et uni comme la pierre lithographique qu'on en extrait, tantôt pétri de petits grains ronds appelés oolithes, d'où est venue la désignation de calcaire oolithique.

Le terrain de sédiment, comprenant le grès vert et la craie, se compose d'une succession de couches de grès mélangés souvent d'une grande quantité de petits grains verts de silicate de protoxyde de fer et surmontées d'une série très -épaisse de couches de craie. Les couches de l'une et de l'autre espèce, qui forment les falaises de la Manche , sont le type de ce genre de terrain.

Le terrain de sédiment tertiaire est celui des environs de Paris. C'est une succession très- variée de couches d'argile, de calcaire , de marne , de gypse, de grès et de meulières.

Enfin, les anciens terrains d'atterrissement tirent ce nom de leur ressemblance avec les atterrissements ou alluvions produits par les cours d'eau de l'époque actuelle.

Quoique tous ces terrains aient été déposés par les eaux, quoiqu'on les rencontre dans les mêmes localités, et les uns sur les autres, le passage d'une espèce à la suivante ne se fait pas par des nuances insensibles. On remarque toujours alors une variation subite et tranchée dans la nature physique du dépôt et dans celle des êtres organisés dont on y trouve les débris. Ainsi, il est évident qu'entre l'époque où le calcaire du Jura se déposait, et celle de la précipitation du système grès vert et craie qui le recouvre, il y a eu à la surface du globe un renouvelle-

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