LIVRE XX. — LA TERRE
fois aussi grand que le volume primitif de la montagne. L'ouvrage du père Kircher est de 1660. Neuf ans après, une seule éruption du volcan couvrit de laves un espace de 6 lieues de long, de 2 lieues et demie de large, sur une hauteur moyenne de 30 mètres au moins. Celle de 1755 a produit, suivant Dolomieu, un courant de 4 lieues de longueur, sur une demi -lieue de largeur et une hauteur moyenne de 60 mètres. En songeant à l'immense vide que des déjections aussi considérables ont dû produire dans la montagne et sous sa base , n'a-t-on pas lieu d'être étonné que des éruptions comme celle de 1787, par exemple, puissent se faire encore parle sommet, dont l'élévation au-dessus de la mer est de 3,237 mètres?
Les îles Eoliennes ou de Lipari sont remarquables par les masses de matières gazeuses et de vapeurs qu'elles vomissent dans l'atmosphère. Stromboli est le volcan central du groupe : c'est un cône d'une forme très-régulière et bien déterminée, que les navigateurs appellent depuis longtemps le phare de la Méditerranée. M. de Humboldt a fait remarquer que l'activité des volcans paraît être en raison inverse de leur volume. Le Stromboli est une confirmation frappante de ce principe : il jette , en effet , continuellement des flammes, mais avec cette particularité singulière que depuis deux mille ans il n'a point fait d'éruption proprement dite, quoique la nature du terrain environnant montre qu'il y a été sujet plus anciennement. Le mont Épomée de l'île d'ischia ne doit pas être considéré comme un volcan; mais il le deviendrait vraisemblablement si le Stromboli se bouchait.
Santorin a été le site d'une forte éruption en 1707.
Toutefois, comme ce phénomène ne s'est point renouvelé, et que l'île ne présente pas de cratère , de véritable cheminée de volcan , je ne l'ai pas porté sur ma liste.
Je passe maintenant aux volcans d'Islande.
Les éruptions de l'Hécla n'ont pas, en général, suivant sir George Makensie, toute l'étendue qu'on s'est plu à leur attribuer. Cependant ce volcan qui n'avait présenté aucune éruption depuis 1772, en a offert une tellement considérable au mois de septembre 1845, qu'on a recueilli une grande quantité de cendres sur les Orcades, et que tous les bâtiments qui naviguaient dans ces parages furent recouverts d'une couche de poussière volcanique de plusieurs centimètres d'épaisseur.
La plus moderne éruption de Krabla remonte à 1724.
En 1756, entre janvier et septembre, il y eut cinq éruptions du Kattlagiaa. Depuis cette époque, le volcan était resté constamment en repos ; mais le 26 juillet 1823, il a fait trois fortes éruptions accompagnées de tremblements de terre.
L'Eyafialla- Jokul, qui paraissait s'être éteint depuis plus de cent ans, a jeté, par son sommet, le 20 décembre 1821 , des torrents de flamme. Des témoins oculaires assurent que la colonne de feu était encore visible le 1er février 1822, et qu'il en sortait des pierres du poids de 25 à 40 kilogrammes, avec assez de vitesse pour ne tomber qu'à deux lieues de distance. La montagne a crevé par son pied, le 26 juin 1822, et l'issue qui s'est formée a vomi une abondante quantité de lave.
La dernière éruption de l'Eyrefa- Jokul est de 1720.
Les éruptions du Skaptaa- Jokul et du Skaptaa-Syssel,