LIVRE XXllL — ATTRACTION UNIVERSELLE
seconde, fait- il tomber vers son centre un corps qui en est éioigiié autant que noire globe? Or, cette dernière question qui, au premier aspect, doit sembler inabordable, puisque nous ne pouvons pas nous transporter à la surface du Soleil pour y faire Fexpérience de la chute des graves, trouve sa solution directe , immédiate , dai^ les circonstances du moisvement annuel de la Terre. En vertu de ce mouvement, notre globe décrit autour du Soleil ,c en â65 jours 1/&, une courbe presque circulaire dont le raycm est supérieur à â& millions de lieues (liv. xx, chap. XXX, t. ui,.p. S6&). Divisons les 360 degrés que cette drconféreoce dé cercle renferme , par le nombre de secondes de temps contenues dans 365 jours 1/4. Le q;jotient sera la très-petite fraction de degré que la Terre parcourt sur son orbite en une seconde de temps. ReportoM-nous maintenant à la figure 305, donnée à la pagie 7. Sa|>poaona le Soleil ra C , la Terre en A ; faisons Tangle ACII égal au déplacement angulaire qu'éprouve la Terre eaune seconde, le rayoa die T orbite CA de 38 millions, et noua pourrons aisément' calculer, en fractions de lieues ou en- mètres, la quantité TM,. dont le Soleil , par sa force attractive, fait tomber la Terre en une seconde. Tout à rheure nous avons donné cette quantité pour notre globe. Nous savons qu'il fait tomber un corps de /i".9 en une seconde , lorsque ce corps est distant de son centre de 1,600 lieues en nombre rond; nous calculerons facilement, d'après la loi des carrés des distances, de combien il ferait tomber, dans le même intervalle de temps , un eerps qui serait à 38 millions de lieues de distance. Les distances étant égales dans les deux cas, les chutes doi-
vent être proportionnelles aux masses. En cherchant par une simple division combien de fois la chute vers la Terre est contenue dans la chute vers le Soleil , on saura donc combien il faudrait de globes terrestres pour faire une masse égale à celle de l'astre qui nous éclaire. C'est ainsi, du moins quant au fond si ce n'est dans la forme, qu'on a trouvé le nombre 35/^,936, cité déjà à la page 1 de ce livre.
Quels éléments avons-nous employés pour arriver à ce résultat? la quantité de mouvement angulaire de notre globe autour du Soleil , dans^une seconde de temps , et la valeur en lieues du rayon de l'orbite terrestre ; pas davantage. Mais nous connaissions les lois de la pesanteur universelle qui s'exerce proportionnellement aux masses qui s'attirent et en raison inverse du carré des distances. Sans la grande découverte de Newton , de pareils problèmes ne pouvaient pas même être posés. J'ai déjà fait voir (liv. X, chap. xiv et xv, 1. 1, p. 471 à 475) que l'observation des mouvements des étoiles doubles prouve l'universalité de l'attraction newtonienne, et que l'on pourra calculer comme nous venons de le faire pour le Soleil , la masse des étoiles dont les mouvements relatifs seront connus.