LIVRE XXVI. — MÉTÉORES COSMIQUES
1841, 10 août, Aérolitbe en Hongrie. (QjueteleL)
18/i2, 5 décembre. Chute d'un aérolithe aux environs de Langres. [Comptes rendus de l'4cad. des scienceSf tome XV.)
18A3, 2 juin. Chute de deux aérolilhes aux environs d'Utrecht. {Comptes rendus de l'Acad. des sciences^ [orne XVI.)
18/i&, 16 septembre. Chute d'un grand aérolithe, à (ileinwenden, en Thuringe. {Comptes rend, de fÀcaJ. les sciences j tome xxv.)
ISiiA, 21 octobre. Chute d'un aérolitbe aux environs le Lessac (Charente). {Comptes rend, de VAcad. des iciences, tome xix.)
18/i7, 1/i juillet Chute d'un gros aérolithe à Braunau (Bohême). {Comptes rend. deVAcad. des scienc. jL xxv.)
La chute des aéroUthes a été très-souvent accompagnée de violentes explosions. 11 ne serait peut-être pas cependant exact de conclure de ce fait que tout météore qui^ ivant de disparaître, produit de fortes détonations, est jn véritable aérolithe. Avec Chladni, je n'ai admis (ximme certaines que les chutes d'aérolithes dont on a pu retrouver les fragmentai, et j'ai rejeté les nombreux cas, relatés par divers auteurs, de globes de feu ayant éclate dans l'atmosphère avec 'un grand bruit, lorsqu'on n'a découvert aucune pierre ayant les caractères de ces météores. L'ouvrage de Ma-touan-lin, auteur chinois du xui* siècle, traduit par M. Abel Rémusat, aurait par exemple fourni quatre-vingt-seize citations de ce genre. Selon ce que rapporte M. Rémusat , les Chinois et les Japonais notaient avec beaucoup d'exaiciitude toutes les
soi ASTRONOMIE POPULAIRE.
circonstances relatives à Tapparition de ces singuliers phénomènes. Us avaient remarqué que les pierres tombent quelquefois par un temps parfaitement .serein. Us comparaient les détonations qu'elles font entendre à celles du tonnerre, au bruit d'un mur qui s'écroule, au mugissement d'un bœuf; le sifflement qui accompagne leur chute au bruissement des ailes des oies sauvages ou d'une étoffe qu'on déchire. Suivant eux, les pierres sont toujours brûlantes au moment où elles atteignent le sol ; leur surface extérieure est noire ; quelques-unes résonnent comme des substances métalliques quand on les frappe. Le nom qu'ils leur donnent veut dire : étoiles tombantes changées en pierres.
Lés Chinois croyaient que les apparitions des aérolithes étaient liées aux événements contemporains, et c'est pour cela qu'ils en formaient des catalogues. Je ne sais pas, au reste, si nous aurions trop le droit de rire de ce préjugé. Les savants d'Europe étaient-ils plus sages lorsque, se refusant à l'évidence des faits, ils affirmaient que des chutes de pierres, venant de l'atmosphère, étaient impossibles ? L'Académie des sciences ne déclarait-elle pas, en 1769, que la pierre ramassée au moment de sa chute, près de Lucé, par plusieurs personnes qui l'avaient suivie des yeux jusqu'au point où elle atteignit le sol, n'était pas tombée du ciel ; enfin, le procès-verbal de la municipalité de Juliac, constatant que, le 2& juillet 1790 (voir plus haut, p. 194), il tomba dans les champs, sur les toits des maisons, dans les rues du village, une grande quantité de pierres, ne fut-il pas traité, dans les journaux de l'époque, de conte ridicule fait pour exciter la