LIVRE XXVI. — MÉTÉORES COSMIQUES. 2Î
miëre, tué le métayer et du bétail, et fait en terre un trou de près de 2 mètres de profondeur.
On attribue aussi à des pierres météoriques IMncendie de plusieurs habitations. Ces faits se lient à Thypothèse que beaucoup de pierres météoriques s'enflamment en traversant notre atmosphère pour arriver à la surface de la Terre. 11 est très-vrai que certaines chutes d'aérolithes ont été précédées de l'apparition de globes de feu ou bolides qui ont disparu tout à coup en faisant entendre de violentes détonations et se brisant en un très-grand nombre de fragments retrouvés épars sur de grandes étendues de terrain. Parmi les phénomènes de ce genre, un des plus importants est celui de la chute de pierres qui eut lieu le 26 avril 1803 (voir catalogue, page 195) , aux environs de l'Aigle. Un globe enflammé, d'un éclat trèsbrillant, a été aperçu, vers une heure après midi, de Gaen, de Pont-Audemer et des environs d'Alençon, de Falaise et de Yerneuil. Quelques instants après on entendit à l'Aigle et trente lieues à la ronde une violente eiplosion, et des pierres furent lancées, selon la déteiv mioation de M. Biot, sur une surface elliptique d'environ deux lieues et demie de long et d'à peu près une lieue de large. Le grand axe de cette ellipse était dirigé du sud-est au nord-ouest. La plus grosse de toutes les pierres qu'on a trouvées pesait 8 kilogrammes et demi. Aucune de ces pierres ne parut incandescente au moment où l'on put les ramasser, et elles répandaient une vive odeur de soufre.
Les aérolithcs qui tombèrent à Braunau le l& juillet 1847 (voir page 203) , étaient encore tellement chauds
six heures après leur chute, que Ton ne pouvait les toucher sans se brûler.
Les faits précédents ne laissent aucun doute sur la possibilité d'incendies causés par les chutes de pierres météoriques, lors même que ces pierres n'ont pas toujours été retrouvées après Tévénement.
Voici les principaux faits de ce genre qui ont été recueillis :
L'an 9&& de notre ère, des globes de feu, selon la chronique de Frodoard, parcoururent les airs et incendièrent des maisons.
Le 7 mars 1618, Tincendie qui consuma la grande salle du Palais-de-Justice de Paris fut causé, dit-on, par un météore enflammé, • large d'un pied et haut d'une coudée, » qui tomba après minuit sur ce monument.
L'aérolithe tombé à Captieux, près de Bazas, le iS juin 1759, incendia, dit-on, une écurie (voir le catalogue, page 193).
D'après les Mémoires de r Académie de Dijon, du 11 au 12 novembre 1761, une maison de Chamblan, à une demi-lieue de Seurre, en Bourgogne, fut incendiée par suite de la chute d'un météore.
Le là novembre 1835, un brillant météore apparut vers neuf heures du soir, par un ciel serein, dans l'arrondissement de Belley (Ain). Sa course semblait dirigée du sud-ouest au nord-est. 11 éclata près du château de Lauzières et incendia une grange couverte en chaume, les remises, les écuries, les récoltes, les bestiaux. Tout fut brillé en quelques minutes. Un aérolithe a été retrouvé sur le théâtre derévénement (voir le catalogue, p. 202).