DENSITÉ DE LA TERRK
Les masses des planètes déterminées suivant les méthodes exposées dans le chapitre précédent, ne nous présentent que des rapports entre les grands corps du système solaire, sans nous donner aucune idée de ce (ju'ellcs peuvent être par rapport aux masses de^ corps
LIVKE XXllI. — ATTKACTION UNI VEUSELLE. 3b
que nous avons sous la main. On s^it que, pour comparer les unes aux autres les masses des différents corps (ju'on rencontre à la surface de notre globe, on est convenu de les rapporter à la masse, c'est-à-dire au nombre de points matériels du même volume d'eau. La masse d'un centimètre cube d'eau considérée à la température de son maximum de condensation, ou de 4 degrés centigrades, est ce qu'on appelle l'unité des densités. La densité d'un corps quelconque est le rapport de la masse d'un centimètre cube de ce corps à celle d'un centimètre cube d'eau. Le problème que les physiciens et les astronomes se proposent, en cherchant la densité de la Terre, est en conséquence de trouver le rapport de la masse d'un centimètre cube moyen de la Terre à celle d'un centimètre cube d'eau. Ce problème a été résolu par Cavendish, à l'aide d'une série remarquable d'expériences faites avec une balance que nous allons décrire. Cavendish a admis que les lois de l'attraction universelle sont applicables à tous les corps terrestres. Or on connaît l'action exercée par la Terre sur une petite balle de plomb, qui, en un lieu donné, est distante du centre de la Terre d'une longueur donnée par le calcul ; cette action, en effet, est njesurée par le poids de la balle de plomb, poids obtenu par une balance ordinaire. Si donc on peut mesurer à l'aide d'une balance spéciale l'action d'une grosse boule de plomb sur la même petite balle, lorsque les centres des deux boules de plomb sont à une distance connue, il est évident que , comme on sait que les attractions sont proportiomielles aux masses, et en raison inverse du carré des distances, on aura une
relation dans laquelle le rapport des masses de la Terre et de la grande boule sera seul inconnu. La résolution de cette question donne imnriédiatement ce rapport d'où on déduit la densité moyenne de la Terre, puisqu'on connaît la densité du plomb. Telle est la méthode dont s'est servi Cavendish en modifiant un appareil qui avait été imaginé dans le même but par un physicien nommé Michell, mort avant d'avoir pu mener à bonne fin les expériences qu'il avait projetées.
La figure 306 représente la coupe verticale, et lu
Fig. 306. — Cîonpe verticale de l'appareil de Cavendish poiir la mesure de la deusité moyenne de la Terre.
figure â07 le plan de l'appareil de Cavendish. Deux petites boules de plomb œx sont suspendues aux cxtré-