‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 238 sur 588 · LIVRE XXVIl. — JOPITER · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIl. — JOPITER

réformé, ce qui semble présenter en sa faveur une antériorité de dix jours sur les observations de Galilée, qui suivait déjà le calendrier grégorien.

La préface dont est accompagné l'ouvrage de Marius de 1614, en la supposant véridîque, prouverait que cet astronome avait déjà reconnu^ à la fin de novembre ou au commencement de décembre 1609, que de petites étoiles circulent autour de Jupiter. Mais doit-on ajouter foi à la réclamation tardive de Marius lorsqu'on songe qu'il s'était déjà trouvé quelque peu impliqué dans l'accusation de plagiat que fit Galilée à un seigneur Capra, à l'occasion du compas de proportion, procès que le grand astronome de Florence gagna complètement?

Au surplus, la révélation d'une découverte par une lecture académique ou par l'impression sont les seuls moyens de constater les droits à une invention, et, sous ce rapport, la priorité ne saurait être contestée à Galilée^.

Nous opposerons aussi cette dernière remarque aux réclamations posthumes qu'on a faites en faveur d'Harriot, savant anglais très-distingué, et qui mourut fort jeune. Ses manuscrits, a dit M. de Zach, renferment la preuve qu'IIarriot vit les satellites de Jupiter dès le

i. J^ai été étonné de lire dans Touvrage de mon meinenr ami, le Cosmos de M. de Humboldt, que, malgré les principes reconnus libéralement par lui-même en tant d'occasions, il attribue la première découverte des satellites de Jupiter à Marins. Le roathéinaticien de l'électeur de Brandebourg n*a droit à être cité sur cette matière que pour avoir eu Tidée, malheureuse à tant d^égards, de donner à ces satellites les noms d*Io, d'Europe, de Gallsto et celui de Ganymède.

16 janvier 1610, date postérieure à celle des premières observations de Galilée, et qui le serait bien davantage si Tauteur anglais avait compté d'après le calendrier julien.

Une lettre récente du docteur Robertson à sir David Brewster renferme les renseignements plus précis qu'on va lire. Les première§ observations des satellites faites par Harriot sont du 17 octobre 1610. La feuille manus* crite où se trouvent les configurations pour ce jour-là porte cette note de la main d'Harriot : « Ma première observation des nouvelles planètes. » Sur une autre feuille, 00 lit «1611 : Seconde année de mes observations des planètes de Jupiter. » Des dessins grossiers des conGgu* rations des satellites sont, au reste, tout ce qu'on trouve dans ces manuscrits.

M. de Zach nous apprend que les satellites de Jupiter étaient observés à Âix, en Provence, dans le mois de novembre 1610, par Peyresc, Gassendi et Gautier.

Après avoir nié l'existence des quatre satellites de Jupiter, il se trouva des astronomes qui accusèrent le grand philosophe de Florence de n'avoir aperçu qu'une partie de la vérité. Scheiner déclara qu'il y avait non pas quatre, mais cinq satellites. Rheita porta leur nombre à neuf. D'autres en comptèrent jusqu'à douze. Mais il est évident aujourd'hui que ces petits astres ajoutés si libéralement aux quatre découverts par Galilée, ne pouvaient être que de petites étoiles dans le voisinage desquelles Jupiter s'était transporté par son mouvement propre, et les observations faites avec les plus puissants télescopes n'ont jamais montré la plus petite trace des satellites additionnels de Scheiner, Rheita, etc.

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