LIVRE XXVIL — JUPITER
« Si nous supposons maintenant que Timage de Jupiter, dans certains yeux exceptionnels, s'épanouisse seuleaient par des rayons d'une minute ou de deux minutes d'amplitude, il ne semblera plus impossible que les satellites soient de temps en temps aperçus sans avoir besoin de recourir à l'artifice de l'amplification. Pour vérifier cette conjecture, j'ai fait construire une petite lunette dans laquelle l'objectif et l'oculaire ont à peu près le même foyer, et qui dès lors ne grossit point. Cette lunette ne détruit pas entièrenr)ent les rayons divergents, mais elle en réduit considérablement la longueur. Eh bien , cela a suffi , dès le premier essai , pour qu'uii satellite (le troisième), convenablement écarté de la planète, soit devenu visible. Le fait a été constaté par tous les jeunes astronomes de l'Observatoire, MM. E. Bouvard, Laugier, Mauvais, Goujon, Paye.
« Dès qu'on a établi que les satellites de Jupiter peuvent être aperçus sans grossissement d'aucune sorte, il est évident que l'œil qui réduira les rayons divergents de rimage de la planète à la longueur que ces rayons conservent dans la petite lunette non grossissante, découvrira ces faibles astres tout aussi bien que les yeux ordi* naires le font en employant l'instrument Tout porte à croire qu'il existe des yeux naturellement doués de cette perfection : des yeux qui dépouillent les images des objets éloignés et les plus brillants de presque toute fausse lumière. »
373 ASTRONOMIB POPDLAIBB.