‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 253 sur 588 · LIVRE XXVII. — JUPITER · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII. — JUPITER

avait faites sor les intensités et les grandeurs Comparatives des satellites de Jupiter. Il résultait de ces obser^-. vations que les intensités lumineuses des satellites sont très- variables et que les grandeurs apparentes de ces astres changent aussi beaucoup.

Les variations de grandeur et d'intensité prouvaient évidemment que les satellites sont parsemés de taches plus ou moins rédcchissantes et qu'ils tournent sur euxmêmes.

En recourant à une opération graphique, en marquant sur les quatre orbites les places où, pendant une longue période, chaque satellite s'était montré à son maximum et à son minimum de grandeur, Herschel reconnut que ces phénomènes se reproduisent toujours vers les mêmes régions. Comme la Lune, les satellites de Jupiter tournent donc sur eux-mêmes dans un temps égal à celui qu'ils emploient à faire leur révolution autour de la planète.

Je ne saurais expliquer pourquoi, à l'occasion des taches des satellites aperçues pendant le passage de ces astres sur le globe de Jupiter, sir John Herschel ne cite que Schrœler et Harding : des observations de ce genre, comme on a vu, avaient été faites bien antérieurement.

Les taches des satellites n'ont jamais été aperçues lorsque ces petits astres sont en dehors de la planète, quelles qu'aient été la puissance et la perfection de l'instrument qu'on appliquait à cette observation ; elles se voient, au contraire, très-aisément, même quand les satellites parcourent une partie de leur orbite se projetant sur le disque de Jupiter. Ce phénomène est très-digne d'attention , car, ainsi que le dit Bailly : u Les taches

sont les détails d'une surface ; or, il est assez étrange de distinguer les détails de choses dont l'ensemble échappe à la vue par la petitesse. » Malheureusenient, après cette renoarque très-juste, le célèbre auteur de V Histoire de r Astronomie se livre, pour expliquer le fait observé, à des considérations complètement inintelligibles. Voyons si nous ne pourrions pas le rattacher à des causes déjà étudiées et en déduire quelque chose d'utile.

Il est reconnu qu'un objet lumineux très-petit n'est jamais bien terminé, qu'il se présente comme une agglomération de lumière presque informe d'où partent des rayons divergents dans tous les sens et plus ou moins étendus. Par des causes dépendantes de la conformation de nos yeux et qui ne sont pas encore parfaitement analysées, ces rayons divergents disparaissent dans une lunette lorsque l'objet lumineux sous-tend un angle sensible; c'est ainsi, pour citer la planète la plus brillante, que le bord de Vénus paraît bien terminé et sans aucune trace de rayons divergents qui seraient aperçus si l'on voyait isolément chacun des points de ce bord. Faisons maintenant une application de ces faits avérés au cas où l'on observe un satellite de Jupiter.

Le satellite paraît-il en dehors de la planète, son image sera confuse et entourée de rayons divergents qui se projetteront sur les taches, s'il en existe, et les rendront invisibles. Le satellite correspond-il à la planète, le disque de ce satellite se dessine nettement, quelque petit qu'il soit; les rayons divergents disparaissent ; rien ne vient plus couvrir les taches noires, et dès lors elles deviennent apparentes par le contraste qui existe entre

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