‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 254 sur 588 · LIVRE XXVII. — JUPITER · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII. — JUPITER

leur peu de lumière et celle des parties environnantes.

Si cette manière d'envisager le phénomène est fondée, nous en déduirons un moyen expérimental de démontrer Texistence des taches par une observation directe et dans des positions où jusqu'ici on n'avait pu constater leur présence que par voie d'induction.

Ce moyen, nous le trouverons dans l'emploi d'une lunette prismatique ou à double image. Supposons que le troisième satellite soit situé à l'orient du disque de Jupiter, la lunette prismatique fournira deux images de la planète et de son satellite : l'une dans sa position naturelle; l'autre, provenant de la réfraction extraordinaire du cristal, se trouvera située à l'occident de la première, par exemple. Rien de plus aisé que de faire projeter la seconde image du troisième satellite sur le disque lumineux de la planète correspondant à la première image. Les causes de confusion dans l'image de ce satellite auront, dès ce moment, disparu. Seulement le contraste lumineux, en vertu duquel la tache devenait visible dans l'observation ordinaire, sera moins sensible. En effet, dans la portion correspondante à la tache, l'image du satellite est éclairée par une lumière égale à celle de la première image de Jupiter.

Dans les régions qui entourent la tache, l'image du satellite se compose de sa lumière propre ajoutée à la lumière du disque de la planète. En supposant que la matière du satellite ait une vertu réfléchissante égale à celle de la matière de Jupiter et que la tache n'émette aucun rayon, il y aura entre les lumières qui nous feront voir les diverses parties du disque du satellite, le rapport

de i à 2 , ce qui est plus que sufiisant pour nous faire distinguer les différentes régions de ce satellite actuellement bien terminées.

Il sera curieux de rechercher si, en se projetant sur notre lumière atmosphérique, qui peut être considérée comme un disque planétaire lumineux indéfmi, les satellites sont dépouillés des rayons factices qui les entourent lorsqu'on les voit sur un fond obscur, et si alors leurs taches deviennent visibles. On pourrait aussi éclairer de nuit le champ de la lunette d'une lumière artiPicielle dcmt on ferait varier l'intensité à volonté et répéter les mêmes observations.

Je ne dois pas négliger de citer deux résultats d'observations qui, en les supposant exacts, ne se concilieraient pas aisément avec l'explication précédente. Je les emprunte à un travail de Messier. tPlus, dit cet astronome, une tache appartenant au troisième satellite s'approchait du bord de la planète, plus elle diminuait de grandeur, et je cessais de la voir avant qu'elle eut atteint le bord de Jupiter. » (Observation du 6 septembre 1760.)

«Le l/( juillet 1771, une tache sur le troisième satellite cessa, dit Messier, d'être visible près du bord de la planète. » {Connaissance des temps pour l'année IBO/i» p. 415 et 420.)

Les taches des satellites, dont l'existence a été démontrée par les passages de ces petits astres sur le corps de Jupiter, servent à expliquer les changements d'intensité lumineuse auxquels ils sont assujettis. 11 suflit de supposer que la malière des satellites ou celle de leurs atmosphères ne sont pas également propres sur tous les

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