CHAPITRE VIII
THÉOBIB DE L*ABCBB ATIO:c
Pour rendre intelligible Texplicalion de Taberration , nous prendrons d'abord un exemple familier.
Soit le tube CD (fig. 336). Supposons qu'on le ferme dans sa partie supérieure par une mince plaque métallique percée dan 3 son centre d'une très-petite ouverture A, et que, dans la partie correspondante de l'ouverture inférieure, se trouve placée une petite plaque opaque B de la largeur de l'ouverture A, qui soit maintenue dans sa position par des traverses aboutissant aux côtés du Inbe. Supposons enfin qu'une molécule soit lancée dans
LIVRE XXVIII. — VITBSSB DE LÀ LUHIÈRE. 105 riotérieur du tube par l'ouverture supérieure Â, et deuiandons-nous quelle direction doit avoir le tube pour qu'en arrivant à son extrémité inférieure ladite molécule soit arrêtée par la petite plaque B7 11 y a ici plusieurs cas ft considérer. Admettons en premier lieu, pour ûzdf
les idées, que le tube soit immobile et que la molécule se meuve verticalement, que ce soit, par exemple, une goutte de pluie tombant par un temps parfaitement calme. Il est alors évident que pour satisfaire à la condition de rencontrer la plaque B, la ligne AB devra être verticale; c'est alors seulement que la molécule qui a traversé la
i06 ASTnÔNOMlE POPULAIRE.
plaque supérieure tombera en B en arrivant à la limite inférieure du tube, n*ayant pas quitté ta ligne AB dans son mouvement descendant. Ainsi, dans ce cas, Taxe du tube fera connaître la direction AB suivant laquelle la niolécule Ta parcouru. H n'en sera pas ainsi si le tube est animé d'un mouvement de translation, el si cette vitesse de translation est dans un rapport appréciable avec la vitesse dont est animée la molécule.
Imaginons d'abord que ce mouvement de translation du tube s'exécute de gauche à droite, de manière que chacun de ses points ne sorte pas d'une ligne perpendiculaire h AB. Admettons que pendant le temps dont la molécule a besoin pour parcourir l'espace vertical AB, la plaque inférieure du tube et, par conséquent, le point B s'avance d'une petite quantité BB' ; ce sera à gauche de cette plaque B, considérée par rapport au tube, en un point B", BB*" étant égal à BIÏ', que la molécule parviendra à l'extrémité inférieure du tube; elle ne sera plus arrêtée par la plaque B qu'elle ne rencontrera pas; pour que cette rencontre eût lieu, il aurait fallu qu'au moment du passage de la molécule tombant par l'ouverture A, la plaque B fût située non plus dans la verticale AB, mais sur la ligne AB'\ AB étant à BB^ comme la vitesse de la molécule tombante est à la vitesse de chaque point du tube mesurée dans une direction perpendiculaire à AB.
La ligne AB^ satisfaisant à la condition que la molécule pénétrant dans le tube par l'ouverture A, sérail arrêtée par la plaque en B'^, n'indiquerait pas, dans Ce cas, la direction de la chute de la molécule.