LIVRE XXVIII. — VITBSSË DE LA LUHIËRE
pour résoudre le problème, en apparence insoluble, qu'il s'était proposé.
Depuis les tentatives faites sans succès par Galilée , il devait paraître inutile de chercher à mesurer la vitesse de la lumière par des expériences directes faites sur la Terre. Dans le premier des diali^ues de/te icienxe nuove, Galilée fait énoncer par Salviati, un des trois interlocuteurs, les épreuves très-ingénieuses qu'il avait employées, et qu'il croyait propres à résoudre la question. Deux observateurs, avec deux lumières, avaient été placés à environ 1,800 mètres de distance : l'un d'eux, à un instant quelconque, éteignait sa lumière; le second couvrait la sienne aussitôt qu'il ne voyait plus l'autre ; mais comme le premier observateur voyait disparaître la seconde lumière au même moment où il cachait la sienne, Galilée en conclut que la lumière se transmet dans un instant indivisible à une distance double de celle qui sérail les deux observateurs. Des expériences analogues que firent les membres de l'Académie del Cimenio, mais pour des distances trois fois plus considérables, conduisirent h. un résultat identique.
M. Fizeau, en 1849, a été plus heureux que ses illustres devanciers du xvii' siècle. Il a remarqué d'abord que si l'on fait tourner avec une grande rapidité une roue portant iï sa circonférence des dents également espacées, chacune dr ces dents mettra h franchir l'intervalle vide qui la s(''p.Trt' do la dent consécutive un temps trùs-petlt que l'on pourra toutefois mesurer, si l'on comiait la vitesse de rotation de la roue. Supposons, par exemple, qu'une roue fasse 10 tours par seconde, et qu'une dent oc-
4tO ASTRONOMIE POPULAIRE.
cupe la millième partie de sa circonférence , chaque dent passera évidemment par le même point de l'espace , en un dix-millième de seconde ; on pourra facilement obtenir en décuplant la vitesse de la roue, une durée de un centmillième de seconde pour le temps employé par une dent pour passer au même point déterminé. Voilà donc des temps très- courts parfaitement mesurés. On conçoit que M. Fizeau était certain par cette méthode de diviser le temps en intervalles assez petits pour que la lumière ne parcourût plus, malgré la grandeur de sa vitesse, que des espaces assez petits pendant de tels instants.
Imaginons maintenant qu*un rayon de lumière traveiise rintervalle laissé entre deux denU consécutives d'un disque tournant, aille se réfléchir au loin sur un miroir, et revienne pour passer par le même point de Tespace. Le disque étant en mouvement, on conçoit qu'en ce point il pourra se trouver une dent qui interceptera la lumière. On pourra donc connaître le temps que la lumière aura mis à aller et à revenir, puisque Ton connaît le temps employé par les dents du disque tournant à franchir les intervalles vides qui les séparent les unes des autres.
M. Fizeau a trouvé le moyen de réaliser les conditions précédentes dans le système de deux lunettes L et V dirigées l'une vers l'autre (fig. 339, p. 416), de manière que l'image de l'objectif de chacune d'elles se forme au foyer de l'autre. Un miroir m est placé au foyer de la lunette 1/ ; entre le foyer et l'oculaire de la lunette L se trouve en R une glace transparente inclinée de &5 degrés sur l'axe et pouvant recevoir la lumière émanée d'une lampe V et rendue convergente en K par la lunette L'.