‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 297 sur 588 · LIVRE XXIX. — SATURNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX. — SATURNE

rieures les verres de ses lunettes avaient pu le tromper, et transformer en un objet réel ce qui n'était qu'une illusion. On peut voir l'expression de ce découragement dans sa lettre à Velser, de 1612. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à partir de cette époque Galilée ne s'occupa plus' de Saturne.

Hévélius se livra avec une grande attention aux observations de Saturne. En 16/i6, il avouait franchement qu'il ne comprenait rien aux phénomènes singuliers que la planète lui présentait. Il alla même un moment jusqu'à croire que ces phénomènes étaient accidentels et dépendants de causes passagères. Enfin, en 1656, l'observateur de Dantzig s'arrêta à la pensée que Saturne était triple, que la partie centrale avait une forme elliptique, et que les deux portions latérales n'étaient point des globes sphériques, mais bien des lunules ou des espèces de croissants de courbure hyperbolique attachées invariablement par leurs pointes au corps du milieu, dont un intervalle vide de matière les séparait cependant. 11 rendait compte de la phase ronde en supposant que les deux lunules qui accompagnent Saturne ont été transportées par un mouvement de rotation, l'une sur le disque de la planète, l'autre derrière.

Huygens publia, en 1659, les résultats des observations nombreuses qu'il avait faites plusieurs années auparavant avec un télescope de 7 mètres , construit de ses propres mains. La disparition des anses, qui avait été pour Galilée une cause de découragement, devint pour Quygens, en 1656, la pierre de touche de sa théorie, et lui démontra qu'il avait trouvé la vérité. L'expUcation de

m ASTRONOMIE POPULAIRE.

Huygens, malgré son évidence, ne fut pas d*abord généralement adoptée. Riccioli, entre autres, croyait bien que Saturne était entouré d'une armille plate, mais il la supposait adhérente à la planète en deux points.

Suivant Gallet, d'Avignon, connu d'ailleurs avantageusement par quelques remarques de fait assez fines, les phénomènes de Saturne n'avaient rien de réel et étaient l'effet des réflexions de la lumière sur des surfaces convexes. On est vraiment étonné de voir un pareil système livré au jugement du public par un homme pourvu de quelque notoriété scientifique.

Dans son Systema Saturnium , Huygens avait donné pour l'inclinaison du plan de l'anneau au plan de l'écliptique 23'' 30^ Des observations faites conjointement avec Picard, en 1668, le conduisirent à une détermination, suivant lui beaucoup plus exacte, et d'après laquelle cette inclinaison devait être d'environ 34".

Pour déterminer l'inclinaison de l'anneau au plan de l'écliptique lorsque la position de la ligne d'intei*section des deux plans est connue, il sufiit d'obtenir les rapports des deux axes de l'ellipse sous laquelle l'anneau se présente à l'observateur. Malheureusement les mesures micrométriques de ces deux axes, données par les anciens, n'ont pas toute la précision désirable. Mais considérant qu'à l'aide de leurs lunettes les anciens apercevaient des quantités beaucoup plus petites que celles dont leur micromètre leur fournissait la mesure , on peut chercher dans leurs observations à déterminer le moment où le diamètre de la planète était égal à celui de l'anneau; dans ce cas, on peut prendre le diamètre polaire

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