‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 306 sur 588 · LIVRE XXIX- — SATURNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX- — SATURNE

jours et des nuits, ce qui implique l'existeace d'un mouvement de rotation de ta planète sur son centre. Huygens qui, dans ses recherches astronomiques, donne tant d'attenlion à Saturne, avait-il déjà reconnu par des observations directes le mouvement de rotation ? Je dois faire remarquer que le Cosmotheoros ne fut publié qu'en 1702, sept années après la mort de l'auteur. C'est & William Herschel qu'était réservée la détermination de la durée de la rotation de Saturne. L'observation assidue de quelques irrégularités qu'olTraient les bandes de Saturne et une discussion approfondie de tous les résultats, prouvèrent à l'astronome de Slough, en 179/j. que cette planète emploie 10'' 16° à faire une révolution sur ellemême.

Personne, avant William Herschel, n'avait même soupçonné l'aplatissement de Saturne. Les mesures du grand astronome qui mirent ce fait hors de doute sont du mois de septembre 1789. Le diamètre équatorial se trouva alors de 22".8, et le diamètre des pôles de 20".6. Avouons franchement que les observations partielles qui conduisirent à ces moyennes ne s'accordaient pas entre elles autant qu'on aurait pu le désirer.

Herschel ajouta, en 1805, une grande singularité à toutes les circonstances que ses prédécesseurs avaient observées dans la constitution physique de Saturne. Jupiter et Mars sont aplatis. L'axe autour duquel chacune de ces planètes tourne sur elle-même est le plus court des diamètres du disque apparent; le diamètre équatorial , au contraire , est le plus grand ; les diamètres intermédiaires ont des longueurs intermédiaires gra-

duellement croissantes depuis le pôle jusqu'à réquateur. Tout, dans la manière dont ces variations de lonçueur s'enchaînent, autorise à regarder les disques apparents comme des ellipses, à assimiler chacune des deux planètes à un ellipsoïde de révolution, à un sphéroïde engendré par le mouvement d'une ellipse tournant autour de son petit axe. Selon Herschel, cette régularité, cette simplicité de forme n'existe pas dans le globe de Saturne. Le disque apparent, au lieu d'être une ellipse, ressemble plutôt à un rectangle dont les quatre angles seraient arrondis et dont la plus grande longueur est suivant le plan de l'équateur. Il y a bien là encore un axe des pôles, le plus court de tous ; c'est l'axe autour duquel la planète exécute une révolution sur elle-même dans l'intervalle de 10 heures un quart. Il y a bien aussi un axe équatorial notablement plus grand que l'axe des pôles ; mais c'est ici que l'anomalie commence : sur Saturne, Taxe équatorial n'est pas l'axe maximum ; l'axe maximum fait avec le plan de l'équateur un angle que l'observateur a trouvé tantôt de lx&' 38', tantôt de iS'^ 31', et enfin, par une dernière mesure plus exacte, de 43' 20'. Aux extrémités de l'axe maximum, la courbure du disque est très- prononcée. Près des pôles et de l'équateur on croirait voir, au contraire , des lignes droites sur une assez grande longueur.

Les observations dont je viens d'indiquer les résultais sont des mois d'avril, mai et juin 1805. Le 26 mai, Herschel ne se borna pas, au sujet de l'irrégularité de forme du disque apparent de Saturne, à un simple aperçu ; il recourut à des mesures micromélriques qui lui donné-

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