LIVRE XXIÏI. — ATTRACTION UNIVERSELLE
suspendue, a une masse nulle ou tout à fait négligeable par rapport à cette dernière. Dans tous les cas on possède des méthodes d'un emploi facile pour trouver la longueur du pendule simple, idéal, qui ferait son oscillation dans le même temps que le pendule réel ou composé qu'il est seulement possible d'observer. Un tel pendule simple est ce qu'on appelle le pendule synchrone du pendule cornposé employé.
Les deux méthodes dont nous venons d'indiquer le principe, exigent, l'une et l'autre, qu'on détermine dans chaque station quel nombre d'oscillations y fait, en un jour moyen ou en un jour sidéral, le pendule dont on se sert : elles diffèrent seulement en ce que, dans la première , il est indispensable que l'appareil oscillant n'éprouve jamais d'altération ni dans sa forme, ni dans ses dimensions, tandis que, lorsqu'on suit la seconde, cette invariabilité n'est pas nécessaire , puisqu'on mesure la longueur du pendule après chaque observation.
C'est à Richer, membre de l'Académie des Sciences de Paris, qu'on doit la première observation de l'application du pendule de longueur invariable à la constatation du changement de l'intensité de la pesanteur à la surface de la Terre. Cet astronome reconnut qu'une horloge réglée à Paris retardait chaque jour, à Cayenne, d'une quantité notable, parce que le pendule qui réglait la marche de cette horloge oscillait à Cayenne plus lentement qu'à Paris. Borda s'est servi le premier de la seconde méthode ; elle est susceptible de plus d'exactitude que celle de l'observation du pendule invariable , mais elle exige un établissement particulier d'une grande délicatesse.
Le pendule invariable se compose généralement d'un cylindre de cuivre, au bout duquel est une lentille lourde de même métal, qui fait corps avec lui, parce que le cylindre et la lentille ont été fondus d'une seule pièce. A l'autre extrémité du cylindre est invariablement attaché un couteau affilé d'acier, destiné à supporter le pendule pendant les expériences; ce couteau repose sur un plan d'agate parfaitement dressé. On doit corriger les observations des erreurs introduites par les changements qu'apportent, dans la longueur du pendule, les variations de la température, et, dans son mouvement, la résistance de l'air. On voit que le pendule, dans la méthode de Richer, est un pendule composé ; on doit donc, en outre, chercher la longueur du pendule simple synchrone, ou dont l'oscillation a la môme durée.
Dans la méthode de Borda, le pendule employé se rapproche -autant que possible du pendule simple ou idéal. Voici la description du pendule de ce genre que M. Biot et moi nous avons employé dans les observations faites en Espagne ; nous l'extrayons en grande partie de la note lue par M. Biot à l'Institut, le 27 juin 1808, quelque temps après son retour de Fermentera; elle montre les soins qu'on doit prendre pour obtenir des résultats exacts. Le pendule est formé par une boule de platine B (fig. 308) suspendue à un fil de métal a; l'extrémité inférieure du fil est serrée par la vis A' dans le bouton A d'une calotte sphérique VX ; cette calotte a le même rayon que la boule, et elle est appliquée sur la surface de celle-ci avec un peu do suif, de manière à y adhérer, en vertu de la pression de l'atmosphère et du