‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 334 sur 588 · LIVRE XXX. — URANDS · texte numérisé non relu

LIVRE XXX. — URANDS

observateur parvînt à les apercevoir de la Terre. Herschel n'était pas homme à s'arrêter devant ces conjectures décourageantes. De puissants télescopes dans leur construction ordinaire, c'est-à-dire avec les deux miroirs conjugués, ne lui ayant rien fait découvrir, il les remplaça, au commencement de janvier i787, par des télescopes front-view, par des télescopes qui donnent beaucoup plus d'éclat aux objets , car le petit miroir est alors supprimé, et avec lui disparaît une des causes de déperdition de lumière.

En se servant , le U janvier 1787 , d'un télescope front-view (dont les dimensions ne sont pas données ') : Herschel vit Uranus entouré de quelques étoiles trèapelites. Leurs positions, relativement à la planète, furent marquées avec toute la précision possible. Le lendemain deux de ces éloiles avaient disparu!

Cet indice de l'existence des satellites amena les observations très-scrupuleuses des Ik, 17, 18, 2A janvier ; les observations des 4 et 5 février, et surtout celles du 7 du même mois. Ce dernier jour, Tillustre astronome resta, pendant neuf heures consécutives, l'œil constamment appliqué au télescope, et il eut la satisfaction de voir un satellite se mouvoir graduellement le long d'une portion considérable de son orbite. L'existence d'un second satellite ne fut pleinement constatée que le surlendemain 9.

1. D'après ce que je lis dans un Mémoire d'Herschel do 1815, II est évident que pour les observations des satellites d'Uranus, il s'est ordinairement servi de télescopes de 20 pieds «uglats (6'.lt9) de long. Des télescopes plus courts ne font pas voir même les plus brillants de ces astres.

Cette série d'observations, quoique étendue jusqu'au 41 février, ne permettait pas d'assigner avec beaucoup de précision le temps que les deux satellites employaient à parcourir le contour entier de leurs orbites. Aussi , Herschei, toujours sincère, se borna-t-il à en conclure :

Que la révolution synodique du premier satellite, du plus voisin d'Uranus, s'opérait en huit jours et trois quarts environ ;

Que la durée de la révolution du second était à peu près de treize jours et demi ;

Que les plans des deux orbites faisaient l'un et l'autre avec l'écliptique des angles considérables.

Herschei, comme on le pense bien, chercha à étendre ces premiers résultats. Dans un Mémoire daté du 14 décembre 1797 (voir le Lxxviir volume des Transacliom philosophiques)^ il annonça :

Qu'il avait constaté l'existence de quatre nouveaux satellites, ce qui portait le nombre total à six.

Les positions relatives de ces six satellites d'Uranus et la date de leur découverte se trouvent consignées dans un petit tableau que j'extrais du Mémoire d'Herschel :

Dates des d^couvertoa.

Premier satellite, le plus rapproché de

la planète 18 janvier 1790

Deuxième satellite, le plus rapproché de

la planète parmi les deux anciens. . . 11 janvier 1787

Troisième satellite 26 mars 1794

Quatrième satellite, le plus éloigné des

deux anciens 11 janvier 1787

Cinquième satellite 9 février 1790

Sixième satellite, celui de tous qui est

le plus éloigné de la planète 28 février 1794

Page 1