LIVRE XXX. — URANOS
la planète était visible. Il est dommage qu'Herschel n'ait pas songé à faire ce genre d'observations.
Le travail d'Herschel eût été incomplet s'il n'avait pas présenté en secondes de degré les élongations des deux satellites. Rien d'ailleurs n'était plus propre à montrer combien les observations de ces astres, vraiment microscopiques, offrent de difficultés. Parvenu à ce point Fastronome hésite; les discordances de ses résultats partiels lui reviennent alors désagréablement à l'esprit Forcé de prendre un parti , il s'arrête , pour l'époque de ses observations , à 36" comme élongation réelle du premier satellite, et à hH" comme élongation du second.
Quelques mots suffiront, s'il faut indiquer ici le peu que nous avons appris sur les satellites d'Uranus, depuis les travaux de William Herschel dont je viens de donner l'analyse.
En mettant à profil ses propres observations des années i828, i830, 1831 et 18.32, le fils du grand astronome a trouvé les nombres suivants, pour les temps périodiques des deux satellites de 1787, les seuls qu'il soit parvenu & voir avec ses télescopes de 6 mètres nouvellement polis :
Les recherches de sir John Herschel sont de 183i. Elles ont paru Tannée suivante dans le touie vni du recueil que publie la Société astronomique. Le Mémoire dont il me reste à rendre compte est encore plus récent. Il fait partie du volume des Transactions philosophiques de 1838. Ce travail a pour auteur M. Lamont, directeur
de l'Observatoire royal de Munich. Voici ce qu'on y trouve concernant les temps des révolutions des deux satellites :
M. Lamont donne pour les rayons de leurs orbites supposées circulaires :
Ces deux derniers résultats sont relatifs à une distance de la planète à la Terre exprimée par le nombre 19.223, la distance moyenne de la Terre au Soleil étant T unité.
M. Lamont a cru apercevoir, dans ses observations des deux principaux satellites d'Uranus, des indices évidents de l'ellipticité des orbites; mais il a réservé pour un temps à venir l'examen détaillé de cette question délicate. Ses calculs actuels, comme ceux de MM. William et John Herschel , ont été faits dans l'hypothèse de mouvements circulaires.^
M. Lamont dit aussi , dans son Mémoire, avoir vu et observé le sixième satellite d'Uranus alors connu , dans la soirée du 1" octobre 1837.
La masse d'Uranus que M. Lamont déduit de ses observations des deux principaux satellites, est de 5^, c'està-dire d'un quart plus petite que celle dont M. Bouvard a trouvé la valeur d'après les perturbations produites par la planète.
William et John Herschel se sont servis, pour leurs observations des satellites d'Uranus, de télescopes de