LIVRE XXXll. — SAISONS ET CLIMATS
Uherbe, dans les mêmes circonstances, accusera des variations de température de 6 à 7 degrés.
Avec de la neige, on a trouvé jusqu'à 8'.9 d'abaissement.
Répétons l'expérience en substituant des plaques métalliques, polies et de quelque épaisseur, aux matières filamenteuses. Les thermomètres en contact avec ces métaux accuseront aussi un abaissement de température quand on enlèvera l'écran, mais cet abaissement ne sera que de i à 2 degrés centigrades.
Nous venons d'analyser les mouvements descendants qu'éprouvent des thermomètres en contact avec des matières filamenteuses, avec de l'herbe, avec de la neige, avec des métaux, lorsqu'on enlève l'écran qui les recouvre. Que devient, dans les mêmes circonstances, le thermomètre plongé dans l'air, et que l'écran recouvrait aussi ? 11 reste sensiblement stationnaire.
Ces expériences mettent en évidence plusieurs faits d'une immense importance :
Certains corps , tels que Tédredon , la neige , etc. , se refroidissent rapidement et d'une manière notable, lorsque dans une nuit sereine aucun écran ne leur dérobe la vue du firmament;
D'autres corps, tels que les métaux, se refroidissent aussi , mais beaucoup moins que les matières filamenteuses et la neige ;
D'un métal à l'autre il existe des différences;
Enfin l'atmosphère, substance gazeuse , ne se refroidit pas sensiblement.
Abordons sans plus tarder doux difficultés qui se pré-
senteraient à tous les esprits. Elles sont relatives, la première, au rôle de Técran de bois '; la seconde, à celui du thermonoètre.
Cet écran ne peut-il pas, en sa qualité de corps solide, se refroidir par voie de rayonnement , dans la première période de l'expérience?
L'écran doit se refroidir, et se refroidit , en effet , par sa surface supérieure. Mais nous avons supposé l'écran d'une certaine épaisseur et en bois ; or le bois possède une très-faible conductibilité. Il résulte de ces deux circonstances que la surface inférieure de l'écran n'éprouve pas de refroidissement sensible, et que le thermomètre en contact avec cette surface marque, comme nous l'avons dit , le même degré que les thermomètres plongés dans l'air, dans le duvet de cygne, etc., etc.
La seconde dilBculté concerne le thermomètre luimême. On peut se demander si cet instrument ne doit pas se refroidir comme l'édredon, le duvet, les métaux. La difficulté est réelle, mais il faut remarquer que la boule du thermomètre est polie et de verre , matière très-peu rayonnante, en sorte que les résultats obtenus ne doivent être que très-légèrement modifiés par le rayonnement de l'instrument employé.
Si maintenant on considère que les matières qui , dans ces épreuves, se refroidissent le plus fortement, sont exactement celles chez lesquelles les physiciens, par des expériences de cabinet , ont trouvé les pouvoirs rayonnants les plus développés ; si l'on remarque encore que dans la série des métaux l'ordre des refroidissements observés coïncide avec Tordre des pouvoirs émissifs, per-