LIVRE XXXII. - Saisons et climats. ses
cause, quoique prépondérante, n'est pas la seule qui occasionne les effets en question.
Considérons l'inclinaison sous laquelle les rayons solaires tombent sur la généralité des objets dont rtiorizcm de Paris se connpose , à midi , par exemple. Cette inclinaison , comptée à partir de la surface , va en croissant jusqu'au 21 juin ; donc les rayons absorbés , ceux qui seuls peuvent contribuer à réchauffement des objets terrestres, conmie nous l'avons vu (chap. vu, p. 545), iront chaque jour en augmentant vers le solstice.
Une troisième cause d'échauffemenl également influente doit être signalée ici. Le Soleil peut être considéré comme le centre d'une sphère d'où partiraient des rayons dans toutes les directions imaginables. Or, si à une certaine distance du centre de cette sphère on suppose un horizon d'une étendue déterminée exposé à l'action de ces rayons divergents, cet horizon en embrassera un nombre d'autant plus considérable qu'il se présentera à eux dans une direction plus voisine de la perpendiculaire. Qui ne voit que dans tous les midis compris entre le 21 mars et le 21 juin, un horizon quelconque, dans nos climats^ se présente en effet aux rayons solaires dans des directions de plus en plus voisines de la perpendiculaire?
Ajoutons enfin que les rayons ne parviennent à la partie solide de notre globe qu'à travers une atmosphère, et que celle-ci, comme tout le monde a pu l'observer, arrête une quantité de rayons d'autant plus considérable qu'elle est traversée dans une plus grande longueur et plus obliquement.
Ainsi , en résumé, depuis le 21 mars jusqu'au 21 juin.
rhorizon de Paris reçoit de jour en jour plus de rayons solaires; ces rayons arrivent avec plus d'intensité, sous des inclinaisons, à raidi du moins, de plus en plus favorables pour Tabsorption ; enfin leur action a chaque jour une plus grande durée. Par toutes ces causes T horizon doit s'échauffer entre ces deux époques.
Remarquons, en outre, qu'à mesure qu'un horizon s'échauffe; sa vertu rayonnante, je dirai presque sa faculté refroidissante , va en augmentant. L'observation seule peut donc montrer à quelle époque les deux effets contraires se compenseront exactement, à quelle époque l'horizon cessera de s'échauffer.
En discutant une longue suite d'observations météorologiques, on a trouvé qu'à Paris, l'instant de la compensation , l'instant où la chaleur est à son maximum , ne coïncide pas avec le 21 juin, jour du solstice d'été, mais qu'il a lieu vers le 15 juillet.
Maintenant il est certain que, depuis cette époque jusqu'au 21 décembre, les jours deviennent de plus en plus courts, pour un lieu situé au nord de l'équateur; que Faction solaire va sans cesse en diminuant ; que ces rayons arrivent à l'horizon de Paris de plus en plus affaiblis, parce qu'ils traversent des couches atmosphériques plus étendues et moins diaphanes ; que l'inclinaison de la lumière à midi et à des heures voisines de ce moment de la journée, par rapport à cet horizon ou à tout autre situé dans l'atmosphère nord, et comptée à partir de sa surface, devient de moins en moins grande, et est alors moins propre à l'absorption ; que cet horizon reçoit une quantité de rayons solaires sans cesse décroissante. De