‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 397 sur 588 · LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS

partie de la journée jusque vers les cinq ou six heures du soir, La cause de ce vent est facile à trouver, d'après l'expérience de Franklin : il dépend en effet, évidemment, des échauffements inégaux que l'action des rayons solai-^ res fait éprouver aux terres continentales et à l'Océan.

Chaque jour, lorsque, à partir de neuf heures du matin, la température de la côte commence à dépasser la température moyenne qui est toujours à peu près celle de la mer, l'air qui repose sur celle-ci souffle vers la terre. Après neuf heures du soir, au contraire , lorsque la température de la côte est retombée au-dessous de la moyenne, l'air reflue de la terre vers la mer. A la brise de mer ou du matin succède ainsi chaque jour, après quelques heures de calme, la brise du soir ou de terre. Les marins profitent de ces deux vents pour entrer dans les ports ou pour en sortir.

A propos de cette explication des brises de terre et de mer, je consignerai ici une remarque qui me paraît propre à expliquer pourquoi, sur la côte orientale des États- Unis, la température, en été, est si excessive. Si je ne me trompa, la brise de mer, ce vent modérateur des températures, ne peut pas exister sur cette partie des côtes des États-Unis, toutes les fois que le vent d'ouest y souffle. Ce dernier vent, en effet, doit refouler le vent de direction contraire qui, sans cela, se serait répandu de l'Atlantique sur toute l'étendue des côtes des États-Unis.

I^es brises cessent de se faire sentir à une petite distance des côtes, et à leur place régnent en mer les vents qu'on appelle des moussons^ mot qui vient de l'arabe et signifie saisons, parce que ces vents soufflent six mois dans un

sens et six mois dans Taulre. L'observation montre que, dans l'hémisphère boréal, la mousson de printemps commence en avril et la mousson d'automne en octobre ; dans l'hémisphère austral, où nous avons vu que les saisons sont contraires, la mousson d'automne commence en avril et la mousson de printemps en octobre. Une mousson est toujours dirigée vers l'hémisphère que le Soleil échauffe le plus de ses rayons. Le passage d'une mousson à la suivante est souvent une époque critique pour la navigation, soit parce que plusieurs vents forment une espèce de conflit d'où il résulte des tempêtes, soit parce que, ailleurs, il règne un calme plus ou moins prolongé entre les deux moussons contraires. La conformation des mers et des côtes influe sur ces phénomènes de manière à leur imposer des lois particulières dans chaque région. Vers réquateur, le Soleil frappant la Terre de ses rayons, dans une direction perpendiculaire ou très-peu obliquement, y produit, comme nous l'avons vu, une température constamment plus élevée que dans les autres points de notre globe. Il en résulte que des deux hémisphères doivent affluer vers Téquateur deux courants inférieurs. A cause du mouvement de rotation diurne de la Terre, ces courants rencontrent des couches animées d'une vitesse croissante dans le sens de l'ouest à l'est. L'air qui était sur un parallèle de plus petit rayon venant à rencontrer l'air placé sur un parallèle de plus grand rayon, marche moins vite qu'il ne le devrait pour suivre notre globe dans son mouvement ; il est en retard pour un observateur et il doit, par conséquent, paraître se mouvoir en sens contraire du mouvement diurne. Il

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