LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS
résulte de la combinaison de ces deux effets des vents constants, nommés vents alizés, d*un vieux mot français qui signifie T uniformité, la constance; ces vents auront nécessairement, en toute saison, si d'autres causes n'interviennent pas dans le phénomène, la direction du nordest dans l'hémisphère boréal, et celle du sud-est dans l'hémisphère austral. Il est bien entendu que beaucoup de circonstances locales pourront apporter des changements à ce résultat théorique. Ainsi, comme t'a appris le capitaine Basil Hall, entre 8* et 22* de latitude nord, on trouve un vent d'ouest à peu près permanent sur la mer qui baigne la côte occidentale du Mexique, de Panama à la péninsule de Californie.
Lorsqu'il s'éloigne des régions équa tonales , et à mesure qu'il se rapproche des zones tempérées sur lesquelles il va retomber en les refroidissant, le courant supérieur rencontre des couches d'air animées d'une moindre vitesse dans le sens du mouvement diurne. Il en résulte que le retour des vents alizés donne lieu dans les zones tempérées à un vent qui souffle du sud-ouest pour l'hémisphère boréal, et du nord-ouest pour l'hémisphère austral. C'est cette circonstance qui explique comment à Paris le vent souHle plus souvent du sud-ouest que de toute autre direction.
Dès les premières disputes sur le mouvement réel de la Terre, les coperniciens présentèrent les vents alizés comme une preuve du mouvement de rotation diurne, dirigé de l'occident à l'orient. Le vent alizé était à leurs yeux, comme le rapporte Cassini dans son Mémoire de 1693 sur la lumière zodiacale, une simple illusion.
Uobservateur entraîné par le naouvemcnt de la partie solide de notre globe aurait quitté l'air atmosphérique qui, dès lors, aurait semblé produire un vent souHlant en sens contraire, ou de Torient à Toccident. Nous venons de voir que c'est la combinaison des vitesses différentes d'une part des couches d'air déplacées par suite des différences de température des divers points du globe et d'autre part des couches atmosphériques entraînées dans le mouvement diurne, qui produit réellement les vents alizés.
La théorie des vents alizés exige l'existence d'un contrecourant supérieur; plusieurs observations en ont donné la preuve. Le capitaine Basil Hall a observé que dans la région des vents alizés, les nuages très-élevés marchent constamment dans une direction opposée à celle du vent inférieur. Le même voyageur trouva, dans le mois d'août 1820, au sommet du pic de Ténériffe, un vent du sudouest, c'est-à-dire un vent diamétralement opposé au vent alizé qui soufflait à la surface de la terre. Le 22 juin 1799, lors de l'ascension que fit sur la même montagne mon illustre ami M. de Ilumboldt,il régnait sur le sommet du Pilon un vent d'ouest très-violent.
Voici une autre pi-euve de l'existence de ce même contre-courant des vents alizés, déduite de la chute à la Barbade des poussières lancées par le volcan de l'île de Saint-Vincent (liv. xx, chap. xiii, t. m, p. 160).
Dans la soirée du 30 avril 1812, on entendit pendant quelques instants, à l'île de la Barbade, des explosions tellement semblables aux décharges de plusieurs pièces de gros calibre, que la 2:arnison du chAtoau Sainte-Anne