LIVRE XXXll. — SAISONS BT CLIMATS. ft
épidémiques disparaissent aussi, comme par enchantement. Telle est enfin Tinfluence salutaire de ce vent, que pendant sa durée, Tinfection ne peut pas être communiquée, même par Tart. Voici le fait sur lequel se fonde cette assertion ; il est rapporté par un ancien voyageur anglais, Mathieu Dobson :
En 1770, il y avait à Whydah, un bâtiment anglais, the Unity, chargé de plus de 300 nègres. La petite vérole s'étant déclarée chez quelques-uns de ces esclaves, le propriétaire se décida à Tinoculer aux autres. Tous ceux chez lesquels on pratiqua Topération avant le souffle de Tharmattan gagnèrent la maladie. Soixante- dix furent inoculés le deuxième jour après que Tharmattan avait commencé à se faire sentir : aucun d'eux n'eut ni maladie ni éruption. Toutefois, quelques semaines après, à une époque où Tharmattan ne régnait plus, ces mêmes individus prirent la petite vérole, soit naturellement, soit artificiellement. Ajoutons que pendant cette seconde éruption de la maladie, Tharmattan ayant recommencé à souffler, les soixante-neuf esclaves qui en étaient atlaqués furent tous guéris.
Le pays que traverse l'harmattan avant d'atteindre la côte se compose, jusqu'à la distance de plus de 100 lieues, de plaines de verdure entièrement ouvertes, et de quelques bois de peu d'étendue. On y trouve çà et là un petit nombre de rivières et de lacs peu considérables.
Le semoinriy vent empoisonné du Désert, est un vent violent du sud-est. Il dessèche les outres dans lesquelles les voyageurs réunis en caravanes portent leur eau, et c'est par là surtout qu'il est à craindre. En juin 1815,
Burckhardt allant de Tor à Suez, vit une outre perdre en une matinée le tiers de son eau, par Tévaporation qu'occasionna le seinoum. Ce voyageur est persuadé qu'il y a de très-grandes exagérations dans tous les récits qu'on a publiés sur les effets désastreux de ce vent ; il s'y est exposé fréquemment sans en être incommodé d'une manière remarquable, et n'a pas entendu citer une circonstance bien authentique où ce vent ait occasionné la mort d*un homme ou celle d'aucun animal.
Des tourbillons, des espèces de trombes, se joignent fréquemment au semoum, et enlèvent dans les airs, JMScfu'à une grande hauteur, des masses de sable qui donnent à l'atmosphère une teinte rouge, orange et même bleuâtre, suivant l'espèce de teinte du terrain ; le jaune cependant prédomine. La poussière augmente toujours notablement la température de l'atmosphère.
En m.ii 1813, à Esné, dans la haute Egypte, pendant lesemonin, Burckhardt trouva que le thermomètre montait à l'ombre jusqu'à /i9*.ft centigrades. Mais celte chaleur excessive ne dure guère jamais plus d'un quart d'heure ; aussitôt que la poussière s'abat, le thermomètre baisse. Les Arabes se couvrent la tête pour se garantir du sable flottant, et non pas, comme on l'a dit, dans la vue d'empêchor que l'air ne les frappe directement; Burckhardt ne les a jamais vus se coucher la face contre terre.
Le chamsin y très- remarquable par sa température élevée, dure 50 jours, ainsi que l'indique son nom dans la langue du pays; il commence environ 25 jours avant l'équinoxc du printemps pour finir 25 jours après.
En Europe, on connaît le sirocco d'Italie et lesolano