‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 447 sur 588 · LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER

nouveaux mois ; la période devint donc de 355 jours.

Les cinquante et un jours ajoutés ainsi n'étant pas suffisants pour donner aux deux mois nouvellement créés de janvier et de février, une longueur peu différente de celle qu'avaient déjà les anciens mois, on fit subir à quelques-uns de ceux-ci une diminution. Les quatre grands mois, mars, mai, quintilis et octobre, conservèrent leurs 31 jours ; l'emprunt s'effectua sur les six mois caves, sur les six mois de 30 jours, qui, à partir de là, n'en eurent plus que 29; 6 jours ajoutés h 51, formèrent un total de 57, qu'on répartit ainsi : 29 à janvier, et 28 à février.

Un mot sur ce qu'il y a d'étrange dans ces arrangements numériques.

Les Grecs comptaient par périodes de 354 jours. En ajoutant 50 jours aux 304 de la période de Bomulus, on aurait retrouvé le môme chiffre. On en ajouta 51 par superstition ; on voulut que le total ne fût pas un nombre pair, d'après la persuasion que les nombres impairs étaient plus heureux, plus agréables à la divinité. Tel fut aussi le motif de la bizarre répartition des jours entre les divers mois : il y en avait quatre de 31 jours ; sept de 29 ; le mois de février en comptait 28. Ce mois avait un double défaut : il était le plus court; et, chose autrement grave, il se composait d'un nombre pair de jours.

Voilà, suivant la remarque d'un historien illustre, de Daunou , ce qu'était la sagesse romaine au temps du divin Numa.

Chacun des mois romains était partagé en trois sections inégales, séparées par des jours portant les noms de calendes, de nones et d'ides.

Les calendes étaient invariablement fixées aux premiers jours de chaque mois ; les nones arrivaient le 5 ou le 7 ; les ides, le 13 ou le 15.

Les enfants, ayant leur attention principalement fixée sur le prochain jour de congé, sur le dimanche, désignent souvent les jours de la semaine d'après leur distance à cette époque tant désirée. Il n'est pas rare de leur entendre dire : Nous sommes à deux, à trois, à quatre jours, etc., du dimanche. Ainsi comptaient les Romains : ils caractérisaient chaque jour par sa distance à la fête suivante du même mois. Immédiatement après les calendes d'un mois quelconque, les dates étaient rapportées aux nones, et l'on disait : sept jours, six jours, cinq jours, etc. , avant les nones. Dès le lendemain des nones, on comptait par ides; enfin les jours qui terminaient un mois étaient rapportés de même aux calendes du mois suivant. Par exemple, les derniers jours de février s'appelaient le septième, le sixième, le cinquième avant les calendes de mars. Quand les ides étaient le 13, on avait à dénombrer jusqu'à dix-sept jours avant les calendes du mois suivant.

Il est bon de consigner ici une remarque qui fera ressortir encore davantage l'incroyable bizarrerie de cette manière de compter.

Le jour qui précédait immédiatement les nones, les ides, les calendes, s'appelait comme de raison la veille des nones, la veille des ides, la veille des calendes. L'avant-veille de chacun de ces jours aurait dû prendre respectivement le nom de deuxièmejour avant les nones, avant les ides, avant les calendes ; il s'appelait en réa-

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