LIVRE XXXllL — LB CALENDRIER
puisse correspondre à tous les jours compris entre le 22 mars el le 25 avril, le jour de Pâques a été, chez quelques peuples, le jour initial.
Citons des exemples en témoignage de ce que nous venons de rapporter.
Jf, ~, I En Fraoce, du temps de Charlemagne.
1 Pratique reprise en Allemagne vers 1500 ; prescrite en France par un édit de Cbarles IX, en 1563; adoptée en Angleterre pour commencer l'année 1752.
Au 1" mars. . , | Eu France, vers l'année 765. Au 25 mars. . . | En Angleterre jusqu'à l'année 1753.
I Usage commun en France sous les rois capé- I tiens, presque général au m' et au xui' siècle.
A Piques. .
Le même acte législatif qui, en Angleterre, substitua le calendrier grégorien au calendrier julien, réduisit de près d'un quart la longueur de l'année 1751. ï/année 1751, comme les années précédentes, avait commencé, en Angleterre, le 25 mars. C'était donc à partir du 25 mars qu'on aurait dû changer le millésime; on le changea plus tùt afin de se trouver d'accord avec les nations du continent. L'année anglaise 1751 ne s'acheva pas ; dès le 1" janvier 1751, on compta 1752 ; l'année 1751 perdit ainsi son mois de janvier, son mois de février tout entiers, et les vingt-quatre premiers jours de mars. Ceci fait comprendre comment lord Cliesterfield, le promoteur du bill, faillit devenir victime de la colère du peuple ; pourciuoi on le poursuivait partout aux cris répétés de : rendez- nous nos trois mots. On se serait peut-être résigné k perdre les 11 jours qui furent «ipprimés en sep-
terabre 4752; mais peu de personnes consentaient, même quand tout disait que c'était là une simple apparence, à vieillir subitement de trois mois entiers.
Ce changement dans le commencement de Tannée 1752, explique la double date qu'on trouve dans beaucoup d'écrits publiés chez nos voisins, dans les mois de janvier, février et mars. Ces écrits portent, par exemple,
45 février T=r=, ce qui veut dire 15 février 1751, vieux
style, ou ancienne manière de commencer les années au 25 mars, et 1752, nouveau style, ou suivant la méthode prescrite par le Parlement, et adoptée depuis ce temps- là, qui fixe le conmiencement de l'année au 1" janvier.
La pratique de faire commencer l'année à Pâques rendait les années inégales à ce point, par exemple, qu'on avait doux mois d'avril presque complets dans une seule année. Témoin, l'année 1347 qui avait commencé le V' avril vl ne s'était terminée qu'à la pâque suivante, qui tomba le 20 avril. Cette année 1347 avait donc eu : deux 1" avril, deux jours nommés 2 avril, deux 3 avril... deux 19 et deux 20 avril !
Les Grecs, après avoir adopté le 25 mars pour le commencement de l'année, comme les Anglais, revinrent ensuite à la date du 1" septembre, suivie par les Russes jusqu'au règne de Pierre le Grand. Depuis cette époque, les Russes commencèrent l'année le 13 janvier de notre année.
L'Église répugna longtemps à choisir pour origine de l'année un jour portant le nom d'une divinité païenne : le nom de Janus. Cependant on finit par trouver plus com-