‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 517 sur 588 · LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER

de hauteur. Dominique Cassini construisit à Bologne, en 1653, dans l'église de Sainte-Pétrone, un gnomon dont la plaque était fixée à environ 27 mètres au-dessus du sol, à la naissance de la voûte de l'édifice. Picard, en 1669, commença une méridienne dans la grande salle de l'Observatoire de Paris, qui a 31 "".6 de longueur; le gnomon a 9"\93 de hauteur au-dessus du sol de la salle. La méridienne fut ornée par Cassini II , en 1750, de divisions et de signes indiquant leis longueurs de l'ombre portée correspondantes à l'entrée du Soleil dans les douze signes du zodiaque {Mémoires de l'Académie des sciences pour 1732, p, 452). Le gnomon de l'église Saint-Sulpice, qui a 16 mètres de hauteur, a été établi par Lemonnier en 1742; la plaque percée est adaptée à la partie supérieure du portail latéral du sud, et la trace du plan méridien mené par le trou de la plaque est figurée sur le pavé de l'église par une ligne de cuivre qui traverse l'édifice dans sa plus grande largeur.

Le mouvement apparent du Soleil s'effectue chaque jour d'une manière uniforme selon un cercle de la sphère céleste perpendiculaire à l'axe du monde. Il résulte de là que si en un point quelconque de la Terre on mène une ligne droite parallèle à l'axe du monde, cette ligne droite et l'astre radieux forment un plan qui décrit 360 degrés en 24 heures. Le Soleil étant à midi dans le plan méridien, il sera à 1 heure dans un plan faisant 15** avec le méridien; à 2 heures, il sera dans un autre plan faisant 30*, et afnsi de suite ; tous ces plans passant par l'axe du monde viendront rencontrer, suivant des lignes différentes, une surface quelconque

plane ou courbe, verticale, horizontale ou diversement inclinée. Ces lignes d'intersection correspondront évideniinent aux différentes heures de la journée. Si la ligne supposée parallèle à l'axe du monde est un style délié, les rencontres des plans passant par le Soleil avec une surface quelconque seront les ombres du style. On aura donc un cadran solaire en installant d'une manière invariable un style parallèle à l'axe du monde, sur une surface exposée au rayonnement du Soleil et en traçant sur cette surface par des méthodes géométriques les rencontres de plans faisant de part et d'autre du méridien des angles variant de 15 en 15 degrés. On conçoit du reste facilement qu'on pourra fractionner les heures en intercalant entre les premiers plans d'autres plans partageant l'angle de 15 degrés de la même manière qu'on veut subdiviser chaque heure. Telle est la théorie succincte des cadrans solaires dont l'histoire a été donnée au commencement de ce traité (liv. n, cliap. v, t. i, p. 43). On voit que les cadrans solaires (fig. 15 du tome i") ne sont que des gnomons dont le style est dirigé suivant Taxe du nïonde , et Ton doit se rappeler que la direction de cet axe est en chaque lieu celle d'une droite située dans le méridien avec une incHnaison égale à la latitude.

L'invention des lunettes, en permettant de faire les observations avec une excessive précision, a ôté aux instruments précédents la plus grande partie de leur intérêt. 11 suffit de faire avec un théodolite l'observation de deux hauteurs correspondantes (liv. vi, chap» m, t. i. p. 227 ) du Soleil avant et après son passage au méridien, pour pouvoir régler une horloge. Quand on connaît la lati-

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