‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 518 sur 588 · LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER

tude du lieu de Tobservatioii , il suffit même de la mesure d'une seule hauteur du Soleil au-<iessus de Thorizon à un instant quelconque de la journée, pour obtenir l'heure exacte par le calcul, en prenant dans la Connaissance des temps la déclinaison solaire pour l'époque considérée.

Dès qu'on peut en un lieu donné déterminer l'heure sans difficulté, il est évident , d'après les détails que nous avons exposés dans le livre consacré à la Terre (liv. xx, chap. XIX et xx , t. m, p. 254 à 296) , que sur la terre ferme l'astronome muni de ses instruments et de la Connaissance des temps pourra toujours connaître exactement la position qu'il occupe. En effet, il saura trouver sa latitude et l'heure à un moment donné ; l'observation d'un signal tel que la distance d'une étoile au Soleil ou à la Lune lui fournira le moyen de trouver par les tables de la Connaissance des temps l'heure de Paris au même moment; la comparaison des deux heures donne la longitude du lieu. Ayant la latitude et la longitude, c'est-à-dire les deux coordonnées géographiques du lieu, on trouve immédiatement ce lieu sur la carte.

Les mêmes méthodes pourraient servir sans aucun changement aux navigateurs pour obtenir la position de leur vaisseau chaque jour et à chaque instant, s'il était possible d'établir sur un navire le théodolite, le cercle répétiteur, la pendule sidérale, les quarts de cercle ou les autres grands instruments des observatoires. L'agitation continuelle d'un bâtiment placé sur mer s'opposant à l'emploi du fil à plomb et du niveau , sans lesquels les instruments astronomiques ordinaires ne peuvent servir, on a

dû recourir à de nouveaux instruments appropriés à un observatoire constamment mobile. On a déjà vu que les pendules ont été remplacées par des montres marines, des chronomètres, des garde- temps, auxquels des horlogers célèbres en France et en Angleterre, les Berthoud, les Breguet, les Emery, les Mudge, etc., ont donné une précision extrême et remarquablement uniforme. Pour mesurer la hauteur d'un astre ou la distance de deui astres, on imagina, à partir du xv* siècle, l'arbalestrille et le quartier anglais. L'arbalestrille était une espèce de croix dont le croisillon appelé marteau glissait le long de la pièce la plus longue appelée la flèche; on mettait l'œil au bout de la flèche et Ton disposait l'instrument de telle sorte que l'un des bouts du croisillon fût dirigé vers la mer et l'autre bout vers le bord du Soleil jusqu'à ce que les deux rayons visuels sous-tendissent exactement l'angle entre l'horizon et le Soleil ; les divisions marquées sur la flèche indiquaient la hauteur du Soleil. Le quartier anglais se composait de deux arcs de cercle concentriques, mais de rayons inégaux, placés dans un même plan. Au centre était une pinnule à travers laquelle on visait à l'horizon de la mer. Une pinnule mobile placée sur le petit arc était haussée ou abaissée jusqu'à ce que l'image qu'elle transmettait à la pinnule ce:ntrale fût réfléchie à une troisième pinnule placée sur le grand arc et à laquelle l'œil était appliqué; la somme des deux arcs interceptés était la hauteur du Soleil et celle des deux arcs restants la distance au zénith.

L'arbalestrille et le quartier anglais étaient peu exacts et d'un emploi difficile, quoiqu'on les eût modifiés de ma-

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