LIVRE XXXIV. — MÉL. DRA^OGRAPHIOUES
la vision sera imparfaite ; alors on ne pourra pas employer utilement de forts grossissements.
Le fait se rattache d'ailleurs à une cause physique évidente. Tout le monde comprendra, en effet, qu'un miroir de télescope, pendant qu'il se réchauffe dans sa monture, ou pendant qu'il se refroidit, n'a pas la même température sur tous ses points; que la suite nécessaire de cette inégale distribution de la chaleur doit être une déformation de la surface polie et réfléchissante du miroir et une imperfection dans l'image focale.
On rend compte de la même manière, de l'allongement de foyer qu'Herschel remarquait dans ses télescopes à miroirs métalliques*, quand il les appliquait à l'observation du Soleil. Cette explication, le célèbre astronome l'a confirmée, en plaçant près du miroir, en avant ou en arrière, un petit boulet de fer chaud. Les rayons calorifiques partant du boulet, échauffaient inégalement le miroir de métal et le déformaient en allongeant son foyer.
Quand on veut comparer théoriquement, sous le rapport de la clarté, un télescope à une lunette; en d'autres termes, quand on veut savoir si un instrument, où l'image destinée à l'amplification se forme par voie de réflexion sur un miroir courbe, donne plus ou moins de lumière qu'un autre instrument dans lequel cette même image s'engendre par réfraction à travers une lentille de verre, il faut soigneusement tenir compte des pertes qui s'opèrent dans la transmission à travers les verres et dans
1. Le Soleil occasioDne un effet inverse; il produit un raccourcissement de la distance focale , quand le miroir du télescope est en verre. On ne sait pas encore la cause de cette anomalie. A. — IV. 50
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l'acte de la réflexion sur les miroirs. Celui qui ne s préoccuperait que des ouvertures réelles des deux instrements arriverait à des résultats très- erronés. Herschei a fait, d'après les méthodes photométriques de Bouguer. des expériences qui fournissent les éléments nécessaire pour réduire, à l'aide du calcul, le télescope à la InneUe. Ces éléments, les voici :
Si 100,000 rayons tombent à peu près perpendiculai- j rement sur un miroir plan, parfaitement poli et de l'espèce d'alliage qu'Herschel employait dans ses télescopes, il ne s'en réfléchira que 67,300.
Après une autre réflexion également rectangulaire sur un second miroir, si l'absorption s'opérait dans la même proportion, il ne resterait plus que 45,200 rayons, sur les 100,000 dont se composait le faisceau incident.
Les transmissions à travers des verres sont une cause de perte de lumière beaucoup moins forte. Herschel a trouvé, en opérant sur une lame de verre ordinaire à faces parallèles, parfaitement polie et d'une épaisseur à peu près égale à celle des oculaires d'un fort grossissement, que de 100,000 rayons qui tombent perpendiculairement sur un pareil verre, il en passe 94,800.
Je ferai suivre ces déterminations d'Herschel , d'une citation historique dont les physiciens seront étonnés. Je trouve dans le tome x , p. 505 des Mémoires de r Académie des sciences, quelques remarques de Huygens sur le télescope à réflexion de Newton. Une d'elles est ainsi conçue : « Je compte pour un troisième avantage, que par la réflexion du miroir de métal il ne se perd point de rayons, comme aux verres qui en réfléchissent une
LIVRE XXXEV. — MÊL. DBANOGRAPHIQUES. 787 quantité notable par chacune de leurs surfaces, et en interceptent encore une partie par l'obscurité de leur matière. ■ Huygens n'avait donc, en 1672, aucune idée de l'absorption qu'éprouve la lumière dans l'acte de la réflexion sur des miroirs métalliques!