LIVRE XXIV. — MAHS
laires; eeci nous ramènerait à une époque antérieure k celle où Cassini déterminait à Bologne la durée de la révolution de la planète. Le même Maraldi fît des obser^ valions suivies de ces taches en 1719, les vit changer d'étendue et signala de plus la disparition momentanée de Tune d'entre elles, celle du pôle boréal.
Les taches blanches polaires semblent former des protubérances locales et interrompre ainsi la courbure régulière du disque. Maraldi, dans son Mémoire inséré parmi ceux de l'Académie des Sciences pour 1720, s'exprime à cet égard à peu près en ces termes : « La partie du bord où existait la tache paraissait excéder le disque de la planète et former en cet endroit une espèce de tubérosité. Mars, vu avec la lunette, ressemblait à la Lune observée à la vue simple, aux époques où seulement une partie de son disque , éclairé par le Soleil , est visible de la Terre , tandis que le reste ne devient apparent que par la lueur cendrée. »
Les deux taches polaires parurent à Herschel, confirmé en cela par MM. Msedler et Béer, diamétralement opposées.
Herschel étudia les deux taches neigeuses avec un soin infîni. Le centre d'aucune de ces deux taches ne lui parut exactement placé aux pôles de rotation. La déviation semblait néanmoins plus grande pour la tache boréale que pour celle du pôle sud. Les changements observés dans les grandeurs absolues s'accordèrent à merveille avec ridée que ces taches sont des amas de glace et de neige. Si en 1781, par exemple, la tache parut extrêmement étendue, ce fut après un long hiver de cet hémi-
<3i ASTRONOiMIE POPULAlKK.
sphère, ce fut après une période de douze mois pendant laquelle le pôle correspondant avait été entièrement privé de la vue du Soleil. Si, au contraire, en 1783, la même tache se montra très- petite, c'était à une époque où, depuis plus de huit mois, le Soleil dardait ses rayons d'une manière continue sur le pôle sud de Mars. La tache boréale offrit aussi des variations de grandeurs absolues, étroitement liées à la position du Soleil relativement à réquateur de la planète.
Le 18 mars 1837, les bords de la tache blanche du pôle austral étaient, suivant MM. Mœdler et Béer, à 35" du pôle. En 1830, pendant Tété de l'hémisphère sud, les bbrds de la même tache n'étaient qu'à 5' ou 6* environ du pôle.
MM. Maedler et Béer ont suivi jusque dans les dernières conséquences susceptibles d'être vérifiées par nos instruments, l'explication qu'on a donnée des taches polaires brillantes de Mars en les assimilant à de la neige.
Sur les 668 jours 2/3 dont se compose une année solaire de Mars *, ces astronomes trouvent que les saisons estivales de l'hémisphère boréal de la planète renferment en nombres ronds 372 jours , et que les saisons hivernales contiennent 296 jours.
Ces mêmes résultats s'appliquent aux saisons de l'hémisphère sud , en remplaçant seulement le mot estivales par le mot hivernales et réciproquement.
Cette inégale durée entre les saisons froides et les sai-
1. Les jours dont il est question ici expriment le temps (|ue la planète Mars omplojp à excVuter son mouvement de rotation sur elle-même.