DÉCOUVERTE DES PETITES PLANÈTES — LOI DE TITIUS
Nous allons maintenant passer en revue la fourmilière de petites planètes qu'on a récemment découvertes entre Mars et Jupiter.
Les érudits ont cherché si quelque ancien astronome n'avait pas rêvé, ou, si on Taime mieux, n'avait pas deviné leur existence. Artémidore d'Éphèse sera, si l'on veut, ce devin, car il soutenait un siècle avant Jésus- Christ que le nombre des planètes est infini ; que la faiblesse, que l'immensité de leur distance étaient les seules causes qui nous empêchaient de les apercevoir.
Démocrite n'allait pas aussi loin qu' Artémidore ; ce philosophe se contentait de dire, selon ce que Sénèque rapporte, qu'il y a beaucoup plus de planètes que nous n'en voyons.
Kant, à son tour, expliquait pourquoi il n'en existait pas entre Mars et Jupiter. A l'origine des choses, Jupiter avait attiré à lui toute la matière qui devait engendrer la planète intermédiaire. Mars était très-petit et
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manquait de satellite par une raison analogue : une portion de son contingent lui avait été enlevé par la planète colossale.
Titius était entré dans un autre ordre d'idées, il avait cherché si les distances des planètes au Soleil ne se succédaient pas suivant quelque loi régulière. Après bien des essais, il inaagina d'écrire la série suivante , dans laquelle, à partir du troisième terme, chaque nombre est le double du précédent.
Ajoutant ensuite le nombre ft à chacun des huit termes, Titius obtint la série nouvelle :
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Dans cette série :
4 étant, je suppose, la distance de Mercure au Soleil ;
7 devenait celle de Vénus ; 10 la distance de la Terre ; 1 6 la distance de Mars ; 28 né correspondait à rien, c'était une lacune ; 52 était la distance de Jupiter ; 100 celle de Saturne.
Les véritables distances moyennes des planètes au Soleil sont, en effet, ainsi que nous l'avons déjà dit (liv. XVI, chap. vi, t. ii, p. 221), les suivantes :
Mercure 5 0.387098
Vénus 9 9.723331
La Terre ^ * l.oooooo
Mars ^ 1.523691