‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 140 sur 347 · LIVRE XX. - LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. - LA TERRE

perdu un jour «ntier en revenant après avoir fait le tour de la Terre. C'est ce qu'cJnt observé les çonnpagnons de Magellan au retour du voyage de circumnavigation pendant lequel mourut l'illustre navigateur portugais; le jour de leur retour à San Lucar était pour eux le 20 septembre 1522, tandis que les habitants de la ville comptaient le 21.

Les voyageurs qui arrivent dans les îles de la mer du Sud , éloignées de douze heures du méridien de Paris , doivent compter différemment les jours de la semaine , selon qu'ils viennent des Indes ou de l'Amérique. C'est ce qui est arrivé aux Portugais qui de Macao sont allés aux îles Philippines par le cap de Bonne-Espérance , et aux Espagnols qui y sont parvenus en partant de l'Amérique et en traversant la mer du Sud.

Il résulte clairement des explications précédentes que la longitude d'un point situé à l'est de Paris est égale à l'heure de ce point oriental , moins celle marquée à Paris au même instant, et que la longitude d'un lieu situé à l'ouest de Paris, est égale à l'heure de cette ville à un moment donné, moins l'heure de ce lieu occidental. Par conséquent , deux méthodes s'offrent immédiatement à l'esprit pour la détermination des longitudes géodésiques. L'une de ces méthodes consiste à emporter l'heure du lieu dont le méridien est regardé comme cercle terrestre initial , et h aller en divers points avec des chronomètres, des montres marines, des gçrdetemps , convenablement réglés sur le temps sidéral du point de départ; on comparera l'heure que marqueront' ces instruments avec les heures sidérales de tous les

autres lieux; les différences observées seront les longitudes cherchées. Dans l'autre méthode, divers observateurs constatent les heures sidérales locales, au mo* nient où tous aperçoivent ou reçoivent le mênf)e signal. I Les deux méthodes exigent que Ton puisse connaître très-exactement l'heure de chaque lieu; dans le livre consacré au calendrier , nous dirons comment on y parvient et sur terre et sur mer. Ici nous supposerons que ce problème est résolu, et alors il ne nous reste que peu de mois à ajouter pour que le lecteur ait une idée complètement exacte de la détermination des longitudes.

On conçoit que si un chronomètre n'avait pas une marche extrêmement régulière, on ne pourrait nullement compter sur ses indications pour trouver la longitude d'un lieu où on le transporterait. Aussi, l'exécution de chronomètres d'une extrême précision fut-elle mise de bonne heure au rang des questions les plus importantes pour l'astronomie et pour la navigation. Le parlement d'Angleterre, l'Académie des sciences de Paris ouvrirent des concours, proposèrent plusieurs fois des prix pour les meilleures montres marines. En 1765, le parlement anglais décerna une somme de 250,000 fr. à Harrison , d'abord charpentier dans un village , et ensuite très-habile horloger, pour avoir exécuté une montre avec laquelle des officiers de la marine avaient déterminé assez exactement la longitude de la Jamaïque, En 1800, les artistes Arnold et Earnshaw reçurent chacun 75,000 francs, à titre d'encouragement, pour de nouveaux perfectionnements dans la construction des chro-

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