‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 181 sur 347 · T A-T-IL EU DES CHANGEMENTS DANS LA TRANSLATION · texte numérisé non relu

T A-T-IL EU DES CHANGEMENTS DANS LA TRANSLATION

DE LA TERRE

Whîston , comme nous l'avons vu dans le chapitre xi (p. 107 etsuiv.), s'était proposé de rattacher à des causes physiques le déluge biblique, celui que Moïse a décrit. Son célèbre compatriote Halley avait envisagé le problème d'une manière moins spéciale.

-Il existe, disait-il, des productions marines, loin de la mer et sur les plus hautes montagnes ; donc ces régions ont été jadis sous les eaux^ Mais par quelle impulsion rOccan abandonna- t-il des limites dans lesquelles de nos jours, sauf de très- légères oscillations, il reste constamment renfermé? C'est ici que Halley appelle à son secours, non comme Whiston, une comète passant dans notre voisinage et donnant naissance à une très-forte marée, mais un astre de cette espèce qui, dans sa course elliptique autour du Soleil, choque directement la Terre. Examinons de près quels seraient les effets d'un pareil événement.

Concevons un corps solide marchant en ligne droite

avec une certaine rapidité, et sur lequel, à l'origine, un

autre corps beaucoup plus petit aura été seulement posé.

Ces deux corps, quoiqu'ils ne soient pas liés l'un à l'autre, A. — m. 23

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ne fee sépareront point dans \e\ït toarchè, J)âtcè dpXe h îforcè qui les entraîne lèiir aura graduellettient , et àèè 1b début, communiqué des vitesses égales. Suppoôonè maiiilenahjt qu'iin obstacle ihsurmohtable èe prééettte tout à coup sur le chemin du premier corps; qu'il l'arrête instantanément. Les pak-ties de la surface antérieure, les parties choquées seront, à la rigueur, les seules dont la vitesse se trouvera directement anéantie par l'obstacle; mais comme les autres parties sont invariablement liées aux premièi-es, puisque d'après notre hypothèse le corps est solide, ce corps s'arrêtera tout entier.

Il n'en sera pas de même du petit corps que nous avohs simplement posé sur le premier. Celui-cî peut s'arrêter sans que l'autre, auquel rien tie le rattache sS ce n'est un très -Faible frottement, en éprouve aucun effet, sans qu'il perde rien de sa vitesse. En vertu dé cette vitesse acquise et non anéantie , le petit corps se séparera du gros. Il continuera à se mouvoir dans Ta direction primitive jusqu'au nio'ment où là pesant'eui* raiira ramené à Wré. Un doit inâiritenaht comprendre comm'ent un promeneur est lancé au loin lorsque son cheval, en s'abattant, arrête to'iit à coup le rapide tilbury auquel il était attaché; dé qfuellè manière les voyageurs assis sur l'impériale des voilures à vapeur (\m parcourent âve'c tant de vitesse les chemins de fér, sont lancés dans l'espace comme autant de projectiles, à l'instant même où un accident tïiet fin aux mouvements 'de ces îïigènieux appareils. Mais Fa Terre est-elle donc autre chose qu'une voiture (^uî, dans sa inarche à travers leé régions de l'esi^ace, n'a besoin ni de Voues ni dé rails ?

LtV&Ë XX. -- Lâ TERR6. S55

Notre vitesse tangentielle de translation autour du Soleil est d'environ 8 lieues par seconde (7 lieues 6 dixièmes). Si une comète d'une masse suffisante , en venant à la rencontre du globe > anéantissait d'un seul coup son mou-* veknetit, les torps qui se trouvent comme déposés à sa surface, tels que les êtres animés^ nos voitures^ nos meubles, nos machines V tous les objets, enfin, qui ne sont pas implantés directement ou indirectement dans le sol, s'élanceraient de leur place, avec la vitesse commune dont ils étaient primitivement doués : avec une vitesse de 8 lieues par seconde. Si je rappelle ici qu'un boulet de 24 n'a, même à sa sortie du canon, qu'une vitesse de 590 mètres par seconde, personne ne doutera qu'un choc de comète ne pût amener l'anéantissement instantané de tous les êtres animés qui peuplent la Terre.

Quant aux eaux de l'Océan, puisqu'elles sont mobiles , puisque rien ne les lie à la portion solide du globe, elles seraient aussi projetées en bloc. Cette effroyable masse liquide renverserait dans sa course impétueuse tous les obstacles qu'elle rencontrerait. Elle dépasserait les sommets des plus hautes montagnes, et dans ses mouvements de reflux elle ne produirait pas de moindres bouleversements. Le désordre que l'on remarque çà et là dans la disposition des couches superposées des différentes espèces de terrains n'est, pour ainsi dire^ qu'un accident microscopique , à côté de l'épouvantable chaos qui résulterait inévitablement d'un choc de cotuète assez puissant pour arrêter la Terre.

On n'a qu'à retrancher quelque chose de ces prodigieux elfets , pour trouver ce qu'amènerait un choc qui ,

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sans arrêter notre globe, changerait sensiblement sa vitesse. Il est, au reste, certain que cette vitesse n'a jamais été complètement anéantie; car, dans ce cas, la force centrale n'étant pas contre -balancée, aurait fait tomber la Terre en ligne droite vers le Soleil où elle serait arrivée 6/i. jours 1/2 après le choc.

Voici les temps que plusieurs planètes de notre système emploieraient à tomber de la position qu'elles occupent aujourd'hui jusqu'au centre du Soleil, si la vitesse tangentielle qui, combinée avec l'action de cet astre, les fait circuler dans des courbes rentrantes, était subitement anéantie. Dans le calcul , on a pris pour distance de chaque planète au Soleil, le demi grand axe de son orbite elliptique, ce qui revient à dire qu'on a négligé l'excentricité.

Planètes. Temps de la ehnte.

Mercure 15 j.6

Vénus 39 .7

Terre 6/ii .6

Mars 121 .5

Cérès 296 .5

Jupiter. 766 .8

Saturne 1,900 .6

Uranus. 5,382.9

La vitesse de translation de la Terre et la ,grandeur de son orbite sont liées entre elles de manière que l'une ne peut pas changer sans que l'autre ne varie en même temps. On ignore si les dimensions de l'orbite sont restées constantes. Rien ne prouve donc que la vitesse du globe, dans le cours des siècles , n'ait pas été plus ou moins altérée par un choc de comète. En tout cas, il est

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