‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 20 sur 347 · LIVRE XX. — LA TKnRK · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TKnRK

lité de la Terre. Qu'on me permette de faire remarquer que l'idée de cette expérience appartient à Newton; qu'elle fut communiquée à la Société royale de Londres le 28 novembre 1679; que Hooke crut avoir trouvé que partout ailleurs qu'à l'équateur la déviation devait se faire au sud-est, conclusion à laquelle Newton adhéra peutêtre sans avoir examiné suffisamment le sujet.

On dit généralement que les phénomènes apparents du ciel étoile doivent être les mêmes, soit que la Terre exécute toutes les 24 heures de l'occident à l'orient une révolution entière autour d'un axe déterminé, soit que la Terre étant immobile, l'ensemble de toutes les étoiles exécute autour du même axe une révolution complète dans le même espace de temps. Cette proposition est parfaitement exacte si la vitesse de la lumière est infinie ; il n'en est pas de même dans le cas où la lumière emploie un temps appréciable pour venir des astres à la Terre ; c'est ce que nous nous proposons d'établir dans ce qui va suivre.

Supposons qu'un astre soit entraîné de l'orient à l'occident autour de la Terre immobile. L'astre est sans cesse le centre de rayons divergents, mais la position de ce centre, relativement à l'horizon d'un lieu donné, et aussi relativement au méridien de ce même lieu, sera perpétuellement variable. Les rayons dardés par l'astre se meuvent en ligne droite, il ne paraîtra donc à l'horizon que par des rayons lumineux lancés de ce corps lorsqu'il était réellement dans l'horizon. L'astre semblera au méridien à l'aide d'un rayon coïncidant exactement avec ce plan. Or, les seuls rayons partant d'un astre qui se confondent

avec le prolongement du méridien immobile, sont ceux que l'astre nous a dardés au moment de son passage réel par ce plan. Le même raisonnement s'appliquerait à la partie occidentale de l'horizon, celle où l'astre se cQuche, ou à tout autre plan dans lequel il a pu être observé.

Ne retenons de tout ceci que ce fait, qu'un astre, quel qu'il soit, si la Terre est immobile et la sphère étoiléc tournante, ne se voit dans l'horizon ou dans le méridien qu'à l'aide de rayons qu'il nous a dardés lorsqu'il était en réalité et non pas en apparence dans le prolongement de l'un ou de l'autre de ces plans.

Supposons maintenant que la vitesse de la lumière soit appréciable; admettons de plus que la lumière d'un astre, d'une étoile, par exemple, emploie 6 heures à nous parvenir, ce sera 6 heures après son passage véritable par le méridien que nous l'observerons dans ce plan. Or, il y a des astres, ceux qui sont situés sur le plan de l'équateur, qui dans l'intervalle de 6 heures parcourent les 90 degrés compris entre l'horizon et le méridien. Un de ces astres, dans la supposition que nous avons faite, se lèverait en apparence, que déjà il serait dans le méridien, et il se coucherait en réalité lorsque en apparence il culminerait.

Si l'on supposait l'astre équatorial à une distance de la Terre telle que la lumière employât 12 heures à la parcourir, il ne paraîtrait se lever qu'au moment de son coucher réel. Admettez la distance plus grande encore, et l'astre se verra à l'horizon oriental ou à son lever longtemps après son coucher réel.

En suivant les mêmes raisonnements et supposant les

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