‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 214 sur 347 · DE LA LUNE · texte numérisé non relu

DE LA LUNE

Bérose, &ont les opinions (chap. rv, p. 390) sur les phases de la Lune sont si peu dignes d'attention , disait cependant que cet astre avait un mouvement de rotation sur son centre, dont la durée égalait celle du mouvement de circulation autour de la Terre.

Simplicius dit formellement que la Lune nous présente toujours la même face, et tire de là la conséquence qu'elle ne tourne pas sur elle-même. Cette conclusion, de tout point inadmissible, tenait à ce que Simplicius et les astronomes ses contemporains admettaient que la Lune était entraînée avec la sphère de cristal à laquelle on la supposait attachée. 11 est certain que relativement aux parties matérielles de cette prétendue sphère, la Lune ne tournait pas, mais dans Tespace son mouvement de rotation

I0« ASTRONOMIE POPULAIRB.

était évident, puisqu'un observateur placé en dehors de la courbe décrite, aurait vu successivement toutes les parties de Tastre.

Si la durée de temps que la Lune emploie à tourner sur elle-même est exactement égale à celle dont elle a besoin pour faire sa révolution autour de la Terre, la Lune doit nous présenter toujours la même face ; mais pour peu qu'il y eût la moindre inégalité entre ces deux durées, nous finirions par voir à la longue la région de l'astre qui est invisible aujourd'hui.

La différence entre la face vue dans une lunaison, comparée à la lunaison suivante, pourrait ne s'élever en angle qu'à une fraction de seconde ♦ que dans la suite des siècles, cette fraction accumulée produirait des effets sensibles. En point de fait , on peut affirmer que les durées de la rotation et de la révolution de notre satellite sont exactement égales entre elles et que nous voyons aujourd'hui la même face de la Lune qui se montrait aux anciens il y a plus de 2,000 ans. En effet, aujourd'hui, quaad la Lune est dans son plein , les parties obscures et lumineuses dessinent vaguement une sorte de figure humaine, les deux yeux, le nez, la bouche. On avait, trèsanciennement, fait la même remarque.

Cn poëte cité par Plutarque , Agesianax , avait décrit la figure lunaire dans des vers dont Amyot a donné la traduction suivante ■:

De feu luisant elle est environnée

Tout à Tentour; la face enluminée

D'une pu celle apparoist au milieu ,

De qui l'œil semble être plus vert que blei^

La joue un peu de rouge colorée.

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