LIVRE XXL — LA LUNE
tours ; on en voît deux dans Tintérieur des cavités circulaires de Posidonius et Petavius; celles-ci n'atteignent pas les bords. II n'y a que les plus hautes chaînes de montagnes qui paraissent être privées de rainures.
La plupart des rainures sont isolées, un très -petit nombre s'unissent comme des veines ou se croisent; leur largeur est la même, ou change très-peu dans toute Tétendue de leur cours ; lorsque cette largeur augmente, ce n'est jamais à leurs extrémités.
Les élargissements des rainures, dans plusieurs régions de la Lune, prennent souvent la figure de cratères allongés.
La longueur des rainures est comprise entre 4 et 50 lieues, leur largeur ne dépasse pas 1,600 mètres, elle est beaucoup moins considérable pour le plus grand nombre. On distingue difficilement le point où elles se terminent.
Dans la pleine Lune, les rainures se montrent comme des lignes blanches; dans les phases elles semblent noires, parce qu'alors un des bords porte ombre sur le fond de la cavité.
Ces accidents remarquables de la surface lunaire échappèrent aux observations d'Hévéliiis, de Jean Dominique Cassini, de La Hire, de Mayer et même de Herschel ; c'est à Schrœter que fut due leur découverte en 1788. Cet astronome n'en vit d'abord que deux ; Pastorff, Gruithuysen et Lohrman en notèrent plusieurs autres, le plus grand nombre a été signalé par MM. Béer et Mœdler, pendant le travafil qu'ils entreprirent pour former leur belle carte de la Lune.
m ASTfiONCfMlE POPULAIRE.
Le nôitibre des rainures àpérçiies par Schrœtér, Pàstdrff, Gruithuyseri, s'élevait â peine à 20; MM. Beér et Maediei* eh ont dêôoiivert 70 nouvelles.
On à cru pouvoir prouver par les observations, que les raîtiùres se è6ht fol-ttiéës postérieurement aux grands cratères. Il a été constaté, pat exemple, que la rainure qui (favett^e lïygihas ë péfïétré dans Tintérieur de ce cratère ett bHëâHt sa plâroi.
Les rainures sont-elles les lits desséchés d'anciennes Hvlèteë?
telle est la tjUèstiôn posée par MM. Ëeer et Msedler : ils l'ont résolue négativement; ils se fondent surtout sur lé t-éltécissertient des tainui-es â leurs extrémités, et sur lèiït gràttdd prdforideUr ; ils fie croient pas en particulier que les ëàux, s'il en â existé jadis â la surface de îâ Lune, f)eéânt six fois triolns qiié sur là Terré, aient pii creuser des lits de 400 à 600 mètres de profondeur.
f'dlltettélié Rapporté {Entretiens^ deuxième soir] , que Eldttiitiiquë Càssini avait découvert dans là Lurie « quelque chtjse {jui se partage en deux, se réunit ensuite et va se perdre dans une espèce de puits. Nous pouvons hoiis fïtlttér*, âjôutè-f-il, avec bien de l'apparence, que c'^est lifië I*îvlè^e. »
L^ôbservàtioh de Cassirii n'était-elle pas relative à l'un de céë ddcidentâ du globe lunaire, dont nous venons de parler et auxquels on à donné le nom de rainures ?