‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 258 sur 347 · AA76A · texte numérisé non relu

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Cela étant admis , veut-on comparer l'intensité de la portion cendrée de la Lune à celle de la partie directement éclairée par le Soleil qui est d'un éclat constant ou à peu près constant? On ajuste les prismes intérieurs et extérieurs, de manière qu'une seule image soit visible ; on fait tourner ensuite le prisme de Nicol , par exemple, jusqu'à ce que, dans ce que j'ai appelé l'image secondaire , la portion correspondante à la partie de la Lune directement éclairée par le Soleil ait une intensité égale à la portion cendrée de la première image.

La table précédente donnera les rapports des intensités de ces deux portions de notre satellite^ avant le partage de la lumière en deux images. Si on craignait de ne pas avoir déterminé, avec une exactitude suffisante, le point où les deux sections principales coïncident, le point où l'image secondaire disparaît totalement , le point à partir duquel les angles de rotation du prisme de- Nicol doivent être comptés, on ferait l'expérience que je viens de rapporter, en faisant tourner ce prisme ôauâ deux sens contraires , et ce serait avec la moitié de l'angle ainsi parcouru qu'il faudrait chercher dans la table le rapport des intensités désirées.

Je sais trop la différence qu'il y a entre un projet

d'expérience et une expérience effectuée, pour que j'eusse voulu présenter le petit appareil dont je viens de parler, comme un moyen assuré d'arriver à la comparaison de la lumière cendrée de la Lune à la lumière presque toujours constante, ou variable suivant des principes connus, de la portion de cet astre qui reçoit les rayons directs du Soleil. Des essais, mais en trop petit nombre pour quç j'en puisse tirer des conclusions générales, m'ont parfaitement réussi. Pour ne citer que celles de ces expériences faites plus récemment et dans lesquelles M. Laugier a bien voulu me prêter son concours, je dirai que le 16 mai 1850 l'intensité de la lumière cendrée était la quatre-millième partie de l'intensité de la partie éclairée du disque, et que le 2 juin suivant, la lumière cendrée était en intensité au-dessous de la sept-millième partie de la partie éclairée de la Lune.

N'est-on pas étonné d'entendre parler d'une expérience photométrique dans laquelle les deux lumières comparées directement sont dans le rapport de 1 à 7,000?

Galilée avait déjà cru remarquer que la lumière cendrée était plus vive pendant le décours de la Lune que durant la Lune croissante ; mais cette appréciation était fondée sur un aperçu vague et non sur une mesure quelconque.

Le grand philosophe expliquait cette différence d'intensité, par la considération que la face terrestre visible de la Lune renfermait pendant le décours, l'Europe, l'Afrique et l'Asie, tandis, au contraire, que pendant la Lune croissante, l'hémisphère terrestre, cause de la lumière cendrée, se composait en grande partie de la

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porliâf) liquide de notre globe, savoir, de Tocéan Atlantic que et de la mer PaciDque. (Voyez le troisième Dialogue.)

Les observations de Galilée sur le plus grand éclat dé la lumière cendrée pendant le décours de la Lune ont été confirmées par Hévélius et d'autres astronomes plus modernes. Il est vrai quç l'observateur de Dantzig avait cru remarquer que la phase lunaire pendant le décours de l'astre est moins brillante que la phase croissante, ce qui semblerait indiquer, en supposant l'observatioa incontestable, que la partie occidentale du disque lunaire .est en masse plus apte k réfléchir la lumière solaire que la partie orientale. Ceci servirait à expliquer, sans faire intervenir les propriétés réflectives des mers et des continents, comment cette partie occidentale, quand elle ne nous envoie que la lueur cendrée , serait plus vive que la portion orientale.

La portion orientale de la Lune renferme-t-elle une plus grande étendue de ces espaces, appelés des mers, dans les cartes de fiiccioli, que la moitié occidentale? C'est ce qu'il faudra vérifier.

Je ne dois pas oublier de consigner ici une observation de Lambert, qui, interprétée comme le fait ce savant physicien , paraîtra certainement très-curieuse.

«Le 14 février 1774, je vis, dit l'illustre académicien de Berlin , que cette lumière , bien loin d'être cendrée , était couleur d'olive. •.

c La Lune était alors de 55 degrés plus avancée en ascension droite que le Soleil , avec une déclinaison boréale de T et demi. Elle était verticalement au-dessus de

la mer Atlantique, tandis que le Soleil dardait ses rayons A.— m. 31

à plomb sur les habitants de la partie australe du Pérou. Le Soleil répandait donc sa plus grande clarté sur TAmérique méridionale, et si les nuées ne l'interceptaient nulle part, ce grand continent devait réfléchir vers la Lune une quantité assez abondante de rayons verdâtres, pour en donner la teinte à la partie de la Lune que le Soleil n'éclairait pas directement. Telle est la raison que je crois pouvoir alléguer de ce que je vis couleur d'olive la lumière de la Lune qu'on appelle communément cendrée.... Ainsi, la Terre, vue des planètes, pourra paraître d'une lumière verdàtre. » {Académie de Berlin^ de 1773. )

L'auteur explique que les apparences variaient sensiblement , suivant la force des lunettes dont il se servait dans l'observation. Celle qu'il employait avait un objectif de O^.ISO de long et un oculaire de 0".027; elle grossissait donc sept fois.

J'avais eu l'occasion, avant de connaître la note de Lambert , de faire des observations analogues à celles que je viens de rapporter; mais j'avoue que je ne les ai pas assez diversifiées pour que je puisse dire avec certitude que l'explication qu'il en donne n'est pas fondée. Voici ce que je trouve dans mon carnet d'observations , à la date de 1811.

Mercredi y 20 novembre ^ à 1^ cl demie du soir y temps vrai. « En me servant d'une lunette de nuit, non achromatique, je voyais la lumière cendrée, fort brillante, mais d'une couleur vert pâle extrêmement prononcée.

« En enfonçant ou en retirant l'oculaire on faisait successivement, comme cela devait être, passer le bord

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