LIVRE XXI. — LA LUNE
du croissant de la Lune par toutes les couleurs prismatiques; les bords des taches acquéraient eux-mêmes diverses nuances, en sorte que le croissant entier semblait se colorer. Quant à la partie cendrée du disque, elle conservait toujours une teinte olivâtre très-prononcée ; son bord, sans doute à cause de la faiblesse de la lumière, ne se colorait pas comme le croissant , lorsqu'on changeait la position de Toculaire. »
Avec une lunette de nuit achromatique, tout autant du moins que peuvent l'être les instruments de ce genre, je voyais encore la lumière cendrée verdâtre, mais la couleur était moins sensible qu'avec l'autre lunette.
MM. Bouvard et Mathieu, que j'avais priés de regarder la Lune, virent, comme moi, tout ce que je viens de rapporter.
21 novembre, à T et quart de temps vrai. — « La lumière cendrée ayant déjà sensiblement diminué d'intensité depuis hier, sa couleur verdâtre est moins sensible, quoiqu'elle soit encore très-apparente avec la lunette de nuit non achromatique.
«En enfonçant ou en retirant l'oculaire, le bord de la Lune éclairé par le Soleil passe successivement par diverses nuances prismatiques, mais dans aucune de ces positions on n'aperçoit de couleurs sur le bord cendré.
«Avec une excellente lunette de Lerebours, parfaitement achromatique, armée d'un grossissement d'environ 130 fois, on voyait très -bien la lumière cendrée, mais on ne distinguait pas du tout la teinte verdâtre qui est encore si sensible aujourd'hui avec des lunettes de nuit non achromatiques. »
m A3XA0N0MIE POPULAIRH.
De rej?pembl.e cjp ces obs^yatiPT^f , je ;^rais, je pteijse, autorisé à conclure que la Juraière çen<ir^e était blanche jet que s^ tç^nte apparente vercjâtre cjevait être attribuée à un effet dç contraste , conséqjuence de 1^ coujeur rouge ou orang,ç qui s'aperçoit sur 1^ portion du disque éclairée p^r le Soleil , et sur le borjcj des taches pbscures. Peutêtre la teinte b|eue verdâtre que notre atmosphère devait répandre sur toute l'étendije du disque Jynaire ififluait- ,çlle pof^r une cert^jije parj; 4?ns le phénoipène. Hijais, je le déclare de nouveau , les observations auraient dû être pjultipliées et diversifiées plus que je ne l'ai fait. Les astronomes n'auront pas de peine à trouver ce qui leur manque pour qu'elles puissent co/iduire à des con- .cjusi.ons iuattaquables:
Schrœter dit que c'est vers le troisième jour de la npuvelle f^une gue la lumière cendrée a géoéf alement le plus d'intepsité ; il ajoute qu'.elle est plus vjve à parité de circpustances avapt la nouvelle Luijç qu'après. Galilée j^vait déjà noté une différçnpe entre la lumière cendrée observable pendant Ij? décours de la Lune et celle de la période croissante ; la première surpassait la seconde. Qp a cherché à expliquer cette dJ/Térence en disait que l'œil reposé pendant la nuit était plus sensible.
Scbrœtejr paraît disposé à a.dmettre que pendant le décours de la Lune, la Jumière cendrée est la plus forte, pi^rce qu'alors ce sont les conjtinents de l'Afriqup, (Je rpurope et une partie de l'Asiç et de l'^mériquQ qui éclairent la JLune, tandis qu'après )a ppijivelle Lin).e, la portion de la Terrç visible de cet astre se compose principalement de l'océan Atlantique et de l'océan pacifique,