LIVRE XXT. — LA LUNE. 5W
les résultats de Toaldo, que chaque changement de phase est accompagné d'un changement de temps; car la table de la page 521 montrerait que dans les quartiers , terme moyen, on se tromperait une fois sur trois; dans l'apogée, une fois sur quatre ; dans la pleine Lune et dans le périgée, une fois sur cinq ; dans la nouvelle Lune, une fois sur six.
Ces résultats eux-mêmes ne sauraient être adoptés, puisque l'astronome de Padoue n'a obtenu, je ne puis trop le répéter, les nombres véritablement assez forts qui expriment, suivant lui, les probabilités de changement de temps aux époques des phases lunaires , qu'en étendant l'influence de chaque phase à trois jours pour les quartiers, à quatre, cinq ou six pour la nouvelle et la pleine Lune, pour le périgée et l'apogée. Il est probable qu'en opérant d'une manière analogue sur un jour quelconque de la lunaison, de la semaine ou du mois, on serait arrivé précisément aux mêmes conséquences.
Jusqu'ici, dans l'examen de l'opinion populaire, si généralement répandue, concernant l'influence des phases sur les changements de temps, j'ai emprunté tous mes arguments aux données expérimentales recueillies par les météorologistes; mais cette opinion, je crois, pourrait . être combattue à priori^ avec beaucoup d'avantages. Le lecteur, au reste , va en juger,
La Lune ne saurait agir sur la Terre que de l'une de ces manières : par voie d'attraction , par la lumière qu'elle réfléchit, par des émanations obscures, électriques, magnétiques ou d'une nature encore inconnue.
L'attraction lunaire soulève deux fois en vingt-quatre A. — m. 34
heures la masse liquide de TOcéan. II est donc naturel de supposer qu'elle produira quelque effet analogue sur notre atmosphère, La difficulté d'assigner exactement par la théorie la quantité numérique très- petite de cet effet (chap. XXXVI, p. 515), ne dçit pas empêcher de reconnaître qu'il existé. On peut même affirmer que sa valeur sera toujours la même pour des positions semblables de la Lune et de la Terre.
Gela posé, admettons un moment qu'on puisse généraliser les résultats obtenus à Viviers (Ardèche), par Flaugergues , pour 20 années d'observations barométriques comprises entre le 19 octobre 1808 et le 18 octobre 1828. Flaugergues a discuté les seules observations de midi, afin que, tout étant constamment égal par rapport au Soleil , il ne restât dans les moyennes que les effets dépendants de la Lune. 11. a donné la table suivante pour les hauteurs moyennes du baromètre réduites à la température de la glace fondante :
mill.
Nouvelle Lune 765.48
Premier octant 755./i4
Premier quartier 755. /iO
Deuxième octant 75Zi.79
Pleine Lune 755.30
Troisième octant 755.69
Second quartier 756.23
Quatrième octant 755.50
En nous rapprochant de ces résultats, nous dirons qu'à l'époque du premier quartier et par l'effet de l'action lunaire, la pression atmosphérique est en voie de diminution, ou, ce qui est la même chose, que la hauteur du baromètre décroît ; que la pleine Lune produit un effet