LIVRE XXU. - ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
Les éclipses annulaires les plus certaines ont eu lieu en kU 9 avant notre ère; et, dani^ notre ère, en 3â&, 1567, 1598, 1601, 17â7, 1748, 1764, f820, 1836. 11 y a eu une éclipse annulaire à Paris le 9 octobre 1847.
Le lecteur verra par la table suivante des éclipses totales de Soleil jusqu'à la fin du xix* siècle, combien les éclipses totales de Soleil sont rares, non«-seu]ement dans un lieu donné, mais encore sur le globe tout entier.
Dates. Lieux où Téclipte sera totale.
1856^, 5 avril.. Nouvelle Orléans.
1860, 18 juill.. Nord de rAmérique, Espagne, nord de TAfrique, etc.
1861, 31 déc... Océan Atlantique, Méditerranée, désert de Sahara. 1870, 22 déc. . . Açores, midi de FEspagne, Algérie, Sicile, Turquie. 1887, 19 août.. N.-E. de TAUemagne, Russie mérid., Asie centrale. 1896, 9 août. Groenland, Laponie, Sibérie.
1900, 28 mai... États-Unis, Espagne, Algérie, £gypte.
Les témoignages concernant les éclipses totales n'avaient pas convaincu Tycho. Appuyé sur quelques mesures de diamètres angulaires faites à Tœil nu et qui lui semblaient établir que le diamètre de la Lune ne pouvait jamais paraître de la Terre auW grand que celui du Soleil, il alla, en 1600, jusqu'à élever des doutes sur la
1. L^éclipse totale de 1856 n*a fourni aucune observation aux annales de la science. En revanche, celle du 18 juillet 1860 a pu être observée en Espagne, en Algérie, en Nubie, par un grand nombre d^astronoQies et de physiciens de tous les pays, par MM. Foucault, Le Verrier, Chacornac, Novella, Villarceau, le Père Secchi, Prazmowski, Lespiault, Bianchi, d*Arrest, Thiele, Lowe, Laussedat, Mahmoud, etc., et elle a donné lieu, même dans les contrées où elle n*était que partielle, à un grand nombre de constatations intéressantes de phénomènes analogues à ceux rapportés déjà par VAslro^ nomie populaire, L^éclipse du 31 décembre 1861 a été suivie aux Antilles. L^éclipse partielle du 15 mars 1858 a été Tune des plus belles du siècle ; elle a fourni aux astronomes Toccasion de prendre ' plusieurs photographies du phénomène. J.-A. B.
651 ASTK0N0M1£ POPULAIRB.
réalité d'un phénoroène qui avait alors encore des milliers de témoins vivants : il n'admit pas la relation donnée par Clavius de Téclipse tdtale observée à Coimbre en 1560, ni même celle de Téclipse totale arrivée à Torgaa en 1598.
Peu d'années suffirent pour montrer* à qnei point de fausses déterminations avaient induit Tycbo en erreur. En 1605, il y eut une grande éclipse de Soleil qui, à Naples, fut totale pendant quelques instants. Depuis on a observé, comme je le disais plus haut, des éclipses totales en 1706, en 1715, en 1724, en 1778, en 1806, en 1842, en 1850, en 1851.
Ainsi les astronomes ne courent point le risque de se tromper en prédisant ces phénomènes. Si au xvii* siècle certaines éphémérides indiquèrent pour Rome et pour le 12 juillet 1684 une éclipse totale durant laquelle, en fait, les trois quarts seulement du Soleil disparurent, c'était la faute des tables, et aussi, quelque peu, celle des calculateurs. Aujourd'hui on n'est pas exposé à de semblables mécomptes; aujourd'hui les prédictions du commencement et de la fin du phénomène seront exactes à quelques secondes près, tandis qu'en 1706, suivant les observations de Montpellier, les tables de La Hîre donnèrent encore des erreurs de 4 à 5 minutes.