LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
du cône d'ombre, que la Lune ait pénétré en L (fig. 800) très-près des tangentes communes au Soleil et à la Terre. Menons par le point L une ligne FLP parallèle à ces tangentes communes, il est évident qu'un observateur situé en F verra notre satellite L se projeter en P sur le Soleil.
Dans chaque période de dix-huit ans, il y a, terme moyen, vingt-huit éclipses de Soleil centrales, c'est-àdire susceptibles de devenir, suivant les circonstances, annulaires ou totales; mais comme la zone terrestre le long de laquelle l'éclipsé peut avoir l'un ou Tautre de ces deux caractères est très-étroite, dans un lieu donné les ' éclipses totales ou annulaires sont extrêmement rares.
Halley trouvait, en 1715, qu'à partir du 20 mars 1140, c'est-à-dire dans une période de 575 ans , il n'y avait pas eu à Londres une seule éclipse totale de SoleiL Depuis l'éclipsé de 1715, Londres n'en a vu aucune autre. A Montpellier, beaucoup mieux favorisé par la combi-^ naison des éléments divers qui concourent à la produc^ tien du phénomène, nous trouvons des éclipses totales :
Le 1" janvier 1388 Le 7 juin 1615 Le 12 mai 1706 Le 8 juillet 18/i2
A Paris, pendant le xviii' siècle, on n*a vu qu*unè éclipse totale de Soleil : celle de 1724;
Dans le xix* siècle, il n'y en a pas eu encore, et il n'y en aura pas*
Duséjour trouvait par le calcul, en 1777 :
Pour la plus grande durée J le long de Téquateur* 4^29-il/i'
possible d'une éclipse, j sous le parallèle de Paris. . 3 26 32
55ie ASTRONOMIE POPULAIRE.
Pour la plus grande idorée pos- | le long de Téquateur — i2*2/ji* Bible de la phase annulaire, ( sous le parallèle de Paris: 9 56
Pour la plus grande durée pos- i à Féquateur 7*58
sible de Tobscurité totale, ( sous le parallèle de Paris. 6 10
L'éclipsé totale de 1706 dura à Montpellier, ft" lO*.
L'éclipsé totale de 1715 dura à Londres, 5" 57*.
L'éclipsé totale de 1724 dura à Paris, 2" 16*.
A bord du vaisseau YEspagne, Téclipse totale de 1778 dura 4".
L'éclipsé totale de 1806 dura à Kinderhook, en Amérique, A" 37*.
L'éclipsé totale de 1842 dura à Perpignan, 2- 10*.
L'éclipsé totale de 1851 dura à Danzig, 2" 56\
Les historiens de l'antiquité ont fait mention de quelques éclipses totales de Soleil, vraies ou fausses; par exemple : — de l'éclipsé qui , suivant Hérodote, arriva pendant jme bataille entre les Lydiens et les Mèdes 603 ans aVâ.nt notre ère (cette date n'est rien moins que certaine; Gostard adopte la date <le 630; nous verrons (chap. VI, p. 557), qu'il faut admettre celle de 610) ; — d'une éclipse prédite par Thaïes pour 585 (c'est une autre date de l'éclipsé précédente); — de l'éclipsé qui arriva en 480 (éclipse fort douteuse); — des éclipses qui eurent lieu en 431 et 310 avant notre ère.
Postérieurement à J.-C.,;ious trouvons, dans les historiens, qu'on a vu : — l'éclipsé totale de la mort d' Agrippine, en 59; — les éclipses totales de 98, de 237, 360, 484, 787, 840, 878, 957, 1133, 1187, 4191, 1241, 1386, 1415, 1485, 1544, 1560, 1567, 1598, 1605, 1706, 1715, 1724, 1778, 1806, 1842, 1850, 1851.