‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 317 sur 347 · LIVRE XXli. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXli. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

les rayons qui liii parviennent ainsi exceplionnelîement auront eu à éprouver une moindre réfraction; cette lumière aura donc pliis d'intensité dans les éclipses apogées que dans les éblipses périgées. C'eât ce qui est confirmé par toutes les relations des astronomes. .

Je ne dois pas dissimuler pourtant qiie cette explication, toute naturelle qu'elle peiit paraître, a été révoquée en doute par des observateurs justement célèbres.

Suivant les calculs de William Herschel , dans l'éclipsé de Lune dû 22 octobre Î7&0, il aurait fallu, pour rendre compte de l'arrivée des rayons solaires sur le corps de la Luiiè, qu'ils eussent éprouvé dans l'atmosphère terrestre lirie réfraction égale à 54' &\ ce qui lui paraissait impossible, îl préférait supposer, avec quelques anciens, que toutes les planètes, y compris la Luiie, émettent une faible lumière. Mais cdmment l'illustre astronome n'a-t-il pas reniarqué que, dans cette hypothèse, la Lune ne devait jamais disparaître en totalité. Or, les annales de l'astronomie renferment plusieurs observations d'éclipsés totales de Lune, accompagnées d'une disparition complète de l'astre. Ainsi, tïévélius rapporte qu'on ne voyait aucune trace de notre satellite dans l'éclipsé du 25 avril 1642. Maraldi dit avoir remarqué plusieurs foie le même phénomène. La Lune, suivant ce que racontent MM. Maed- 1er et Béer, disparut aussi entièrement à Londres et à Dresde pendant l'éclipsé du iO juin l8i6.

Ces disparitions complètes se concilient facilement avec l'hypothèse que nous avons discutée d'abord; il suffira de supposer que les régions de notre atmosphère que doivent traverser les rayons qui peuvent parvenir à

la Lune par voie de réfraction sont quelquefois couvertes de nuages.

Qui pourrait légitimement se servir du mot impossible, lorsqu'il s'agit de réfractions éprouvées dans Fatmosphère des régions polaires et par des températures audessous de zéro, dont les valeurs entières ne sont pas encore exactement connues? Remarquons, au surplus, que les bizarreries qu'offrent dans leur déplacement sur le corps de la Lune les lumières rougeâtres en question tiennent peut-être au déplacement des éclaircies de l'atmosphère terrestre par lesquelles la lumière solaire parvient à pénétrer jusqu'à la Lune. On se tromperait fort, en effet, si l'on supposait que la nuance rougeâtre dont nous nous occupons ici est uniformément répandue sur la surface de l'astre. Messier aperçut dans les éclipses de Lune de 1783 des parties du disque diversement éclairées qui circulaient lentement autour du centre de la Lune.

Au surplus, des phénomènes de polarisation observés dans cette lumière secondaire tendraient à faire croire qu'une, partie de cette lumière parvient à notre satellite après s'être réfléchie, c'est-à-dire polarisée, dans les régions supérieures de notre atmosphère. Je ne consigne ici cette remarque (je n'ai eu l'occasion de la faire qu'une seule fois) que pour engager les observateurs à suivre attentivement un phénomène d'où l'on pourra déduire plus d'une conséquence importante.

Parlons aussi, en terminant, de la teinte bleuâtre qu'ont présentée quelquefois les parties de la Lune situées sur les bords de l'ombre, comme l'ont remarqué

Page 1